Jacques-Auguste Bordes-Pagès

Résumé

Jacques-Auguste Bordes-Pagès La démocratie et l'Église (1881)

Et de fait presque tous les législateurs anciens proposèrent leur code au nom de quelque divinité, considérant la justice comme découlant d'un principe supérieur, éternel et immuable.
« La loi naturelle, c'est la loi divine non écrite, » dit Gratien.
« C'est en Dieu premièrement, dit Bossuet, que se trouve la justice, et c'est de cette haute origine qu'elle se répand parmi les hommes..., pour faire en nos âmes, dit-il ailleurs, l'un des plus beaux traits de la ressemblance divine. » (Sermon sur la justice.)
Au nom de ce Dieu, la religion s'efforce de rappeler l'homme à ses devoirs.
Source : Gallica

Jacques-Auguste Bordes-Pagès La démocratie et l'Église (1881)

Mais combien cette fière maîtresse du monde expia chèrement ses forfaits contre l'humanité !
L'État tomba entre les mains d'empereurs qui accaparèrent tous les pouvoirs, et dont la volonté devint la loi vivante. Plusieurs d'entre eux furent les plus ineptes, les plus insensés, ou les plus pervers des hommes. Tel est le terme auquel doit fatalement aboutir la violation de la justice et le mépris des droits et des devoirs naturels.
Avec la liberté de la patrie s'effaça l'ancien caractère des citoyens romains. En devenant esclave, l'homme, dit Homère, perd la moitié de sa valeur.
Source : Gallica

Jacques-Auguste Bordes-Pagès La démocratie et l'Église (1881)

Nous pouvons donc soutenir avec Proudhon que l'idée de justice est immanente dans l'homme, ainsi, que celle d'ordre, de convenance, d'équilibre, de proportionnalité. Nous pouvons avec lui désirer l'application de ces principes à l'économie sociale, et faire tous nos efforts, afin de donner le plus d'extension possible aux droits naturels de l'homme proclamés par la Révolution de 1789.
Mais il importe d'insister sur ce point : jamais ni la religion ni l'Église n'ont nié ou contesté que les notions de justice, d'équité, de droit ne soient immanents dans l'homme.
Source : Gallica

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