Résumé

Lucien Brun Introduction à l'étude du droit… (1887)

Si je m'adressais à vous, Messieurs, je sais quelle réponse vous feriez à ma demande. L'humanité a vu jadis l'État omnipotent, l'État-dieu, n'ayant que sa volonté propre pour règle de justice. Le socialisme d'État a changé de forme, mais il n'est pas nouveau. Il s'est appelé : le césarisme. L'antiquité a connu un esclavage plus dur, plus inhumain que le prolétariat moderne, et le monde auquel le Rédempteur a apporté la nouvelle de l'égalité des enfants du même Dieu sous la même loi de fraternité et d'amour, était plus étranger que le nôtre à l'empire du droit, au règne de la justice.
Source : Gallica

Lucien Brun Introduction à l'étude du droit… (1887)

Concluons, Messieurs. L'erreur se répète, et les nouveaux venus n'ont rien inventé. Ces gens-là, rivés à la même chaîne, refont éternellement le même livre et répètent la même négation. C'est toujours la même horreur pour l'indépendance individuelle et surtout pour l'indépendance de la famille; c'est toujours l'égalité dans la servitude, décorée du beau nom de liberté. Tous sont de là race de ces fiers penseurs, de ces indépendants dont l'audace aboutit à adorer l'État et à courber, dans la poussière que foule le pied de César, un front que leur orgueil refuse d'incliner devant Dieu.
Source : Gallica

Lucien Brun Introduction à l'étude du droit… (1887)

En effet, si le droit est indépendant de Dieu, le droit n'est, qu'un mot, et la conséquence de Proudhon est inévitable dans tout système qui met un contrat à l'origine de la société, qui borne au bien-être matériel le but des efforts de l'humanité, et donne au pouvoir social, à l'autorité, une origine humaine. Or, rendre le droit indépendant de Dieu, c'est le but poursuivi avec passion par des générations de lettrés, de philosophes et d'hommes d'État qui ont, parmi nos contemporains, des héritiers dont la passion n'est pas moins ardente.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature