Résumé

Portrait de Jacques-Joseph Moreau Jacques-Joseph Moreau Lettres médicales sur la colonie d'aliénés de Ghéel… (1845)

Dans une colonie, comme à Ghéel, les fous ne sont pas seulement élevés à la dignité de malades, selon la belle expression d'Esquirol, ils n'ont pas perdu tout-à-fait leur dignité d'êtres raisonnables; car ils n'ont point rompu entièrement avec la société, à laquelle ils restent liés par tous les points de leur intelligence que le mal a respectés. Ils trouvent encore dans cette société des jouissances de plus d'une sorte. Ils ont assez de liberté pour ne pas se sentir sous le poids des verrous.
Source : Gallica

Portrait de Jacques-Joseph Moreau Jacques-Joseph Moreau Lettres médicales sur la colonie d'aliénés de Ghéel… (1845)

Faut-il donc absolument enfermer les aliénés pour les isoler ? Ces deux mots sont loin d'être synonymes dans leur sens grammatical; ils le sont encore moins dans l'acception scientifique. Isoler un aliéné, c'est briser complétement les habitudes au milieu desquelles sa folie a pris naissance ; c'est l'éloigner des localités, des choses, des personnes qui ne sont pas tout-à fait étrangères au trouble de son intelligence; c'est rompre violemment l'association ordinarie de ses idées, leur imprimer une direction inaccoutumée ; c'est changer la tendance vicieuse de ses affections
Source : Gallica

Portrait de Jacques-Joseph Moreau Jacques-Joseph Moreau Lettres médicales sur la colonie d'aliénés de Ghéel… (1845)

Et, s'il en est ainsi, n'est-ce pas un devoir sacré d'humanité pour tout médecin d'aliénés d'adoucir autant qu'il est en son pouvoir, d'amoindrir ce sentiment si douloureux, qui est au fond de la conscience de tous les malheureux qu'une funeste hérédité, que des chagrins cuisants, que toute autre cause morale ou physique, ont privés de l'usage de la raison?
Source : Gallica

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