Jacques Roubinovitch

Résumé

Jacques Roubinovitch Revue des Deux Mondes

Actuellement, sous l’empire de l’horreur que les asiles d’aliénés inspirent encore à la plupart de nos contemporains, les malades n’y sont amenés que six mois, un an, même deux ans après l’éclosion des premières manifestations de la folie. Les parens éloignent tant qu’ils peuvent la solution redoutable : l’isolement à l’asile. Mais plus le temps s’écoule, plus l’état du malade s’aggrave : ses idées délirantes encore incertaines finissent par se coordonner se fortifier, se systématiser... L’affection mentale à peine ébauchée a eu tout le temps d’évoluer.
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Jacques Roubinovitch Revue des Deux Mondes

Le quartier d’observation remplira ainsi l’office d’un filtre chargé de retenir les aliénés qui doivent vraiment être isolés dans un asile spécial et de libérer les autres.
Le jour où le public sera convaincu qu’un malade placé dans ce quartier n’est pas du tout considéré encore comme un « aliéné, » qu’il peut en sortir sans la moindre tache jetée sur sa réputation d’homme sain d’esprit, ce public hésitera moins à faire traiter ses malades suspects de folie. Et c’est ici qu’intervient dans toute son importance la mesure du traitement rapide, aussi précoce que possible, des troubles mentaux.
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Imaginez, en effet, un individu qui délire au cours d’une pneumonie. Le médecin ordinaire qui le soigne peut penser à tort à un début d’aliénation mentale et délivrer un certificat d’internement dans un asile spécial. Au lieu d’être séquestré purement et simplement, le malade, grâce à la nouvelle loi, est placé provisoirement au quartier d’observation. Son délire disparaît au bout de quelques jours. Il quitte le quartier complètement guéri comme il aurait quitté un hôpital quelconque, et nulle trace de son passage n’existe sur les registres des aliénés.
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