Maxime Du Camp,
Les Aliénés a Paris. — II. — Les Asiles…
“ Bien des fous ressemblent à des gens mal réveillés qui vivraient sous l’empire d’un cauchemar persistant ; dans le rêve comme dans la folie, on ne guide pas sa pensée, on est guidé par elle ; de plus, comme dans le rêve aussi, toute idée intermédiaire disparaît, on ne voit que le but poursuivi. Le fou, entre la conception, et la réalisation de son désir, n’admet, ne suppose aucun obstacle ; le relatif s’efface, on peut dire qu’il ne comprend que l’absolu. Une mélancolique vous dit : Rendez-moi, je vous prie, un service ; prenez un bon couteau, et coupez-moi le cou ! ”
