Résumé

A. Poret régime des aliénés et la liberté individuelle… (1898)

Les placements d'office n'offrent guère plus de garanties que les placements volontaires, peut-être moins, puisque le préfet peut faire interner un soi-disant aliéné, même sans certificat médical. C'est là pour l'autorité administrative un pouvoir absolu, dégagé de toute espèce de contrôle et qui n'est susceptible d'aucune voie de recours.
Il suffit que l'administration pense ou veuille croire qu'un fou, si doux, si calme qu'il paraisse, peut à un moment
donné devenir dangereux pour qu'elle se croie autorisée à ordonner l'internement de l'aliéné le plus inoffensif.
Source : Gallica

A. Poret régime des aliénés et la liberté individuelle… (1898)

Les règles à poser en cette matière sont fort délicates ; car les droits de la société se trouvent en antagonisme absolu avec ceux du malade. Si, d'un côté, l'Etat doit mettre le fou dans l'impossibilité de nuire, il a, d'un autre côté, le devoir impérieux de respecter autant que possible sa liberté, et de le défendre contre les entreprises coupables d'héritiers cupides. Assurer l'ordre public et empêcher toute possibilité de séquestration arbitraire du fait de l'Etat ou des particuliers, sans pour cela retarder le prompt traitement du malade, tel doit être le but d'une loi sur les aliénés.
Source : Gallica

A. Poret régime des aliénés et la liberté individuelle… (1898)

Si le légitime souci de la protection sociale commande d'interner les aliénés dangereux, l'humanité exige que ces aliénés soient rendus à la liberté le jour où, par suite d'une amélioration ou d'une modification de leur état mental, ils ne sont plus à redouter. — En chargeant le médecin, seul compétent sur ce point, de se prononcer sur l'état et le degré de nocuité de l'aliéné, et le magistrat d'ordonner les mesures que la folie dangereuse comporte, le législateur français accorde à la liberté individuelle toutes les garanties désirables en cette matière.
Source : Gallica

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