Résumé

Josèphe Roussel-Lépine Une ambulance de gare : croquis des premiers jours de guerre… (1916)

Il n'y a plus rien dans cette queue de train. Pourquoi s'engager plus avant, sous la pluie, dans l'enchevêtrement des rails?.
Tout de même, ce dernier wagon.
La lourde porte roule et grince. La jeune fille se hisse avec sa lanterne, explorant le grand fourgon noir. Elle ne peut retenir un cri !
Dans l'ombre, tout à fait dans le fond, bien à l'abri, sur la paille comme à la crèche, dans le même dénuement et le même abandon, un zouave est allongé, mourant, les yeux fixés sur un souvenir d'épouvante, ouverts dans le vide et ne voyant pas.
Source : Gallica

Josèphe Roussel-Lépine Une ambulance de gare : croquis des premiers jours de guerre… (1916)

Un déluge de merci, un délire de cris, mouchoirs, bras, mains, képis, s'évertuant à témoigner une gratitude véhémente.
Et quand l'immense clameur partie d'un bout à l'autre du train les salue au passage : « Vive la Croix-Rouge! », la gorge contractée en un profond sanglot elles se tiennent toutes là, près de leurs compagnons, debout, comme au port d'armes, tandis que les wagons défilent devant elles, leur train, et leurs soldats !.
Source : Gallica

Josèphe Roussel-Lépine Une ambulance de gare : croquis des premiers jours de guerre… (1916)

Il y a toujours des pansements défaits, des plaies à vif, des pansements trop serrés, des hémorragies, des cas pressants. Ceux qui ne peuvent aller plus loin attendent sur des brancards leur transport aux hôpitaux de la ville.
On panse dans les wagons, on panse sur les quais, des bras, des jambes, des torses, des têtes. Des lambeaux de toile maculée traînent partout, on piétine des tampons d'ouate, l'eau des cuvettes est rouge, les tabliers et les blouses blanches se tachent de sang, les doigts s'enfièvrent, les ordres s'exaspèrent, les aides ont à répondre à quatre demandes à la
fois.
Source : Gallica

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