Jules Noriac

Jules Noriac

Résumé

Portrait de Jules Noriac Jules Noriac La falaise d'Houlgate (1877)

Je vous demande pardon, monsieur, dit le chevalier, si je ne vous ai point fait plus tôt mon compliment de condoléance, votre deuil ne m'avait point encore frappé. Auriez-vous fait quelque perte cruelle ?
– Ma foi, non, Dieu merci, répondit l'inspecteur de la cour des aides. Je suis en deuil, comme tout le monde, du prince Henry de Clamont, qui, quelques jours avant sa mort, avait été nommé grand amiral par le roi.
– Le prince mort ! s'écria M. de Cerny, c'est impossible.
– Ah ! nous sommes tous mortels, les princes comme les autres, mon cher capitaine.
Source : Gallica

Portrait de Jules Noriac Jules Noriac La falaise d'Houlgate (1877)

Il faut que personne dans le pays ou à Versailles n'aperçoive Henry. Je le veux, je l'ordonne ; promettez-le moi, jurez-le moi, je vous en supplie, je vous en supplie à genoux. Vous voyez, je suis à vos genoux, monsieur, que puis-je faire de plus ?
Le chevalier avait relevé la duchesse et allait la rassurer lorsque la porte s'ouvrit avec fracas, et que le comte de Gien, tenant Henry sous le bras, entra comme une avalanche en s'écriant :
– Madame la duchesse, ma mère, ma chère mère, souffrez que je vous présente un jeune gentilhomme qui vient de me sauver la vie.
Source : Gallica

Portrait de Jules Noriac Jules Noriac La falaise d'Houlgate (1877)

Mon cher Henry, reprit M. de Cerny, rappelez-vous bien ceci : un philosophe a dit : « L'amitié des grands est une île mouvante submergée par tous les caprices. » Quand on est pauvre comme vous, mon fils, on n'a pas d'amis.
– Il me semblait vous avoir entendu dire, monsieur, que vous aviez été fort affecté par la mort d'un prince qui était un modèle d'amitié et de bonté ?
Ce fut au tour du chevalier de rougir.
– L'ami que je pleure, répondit-il, n'était pas un prince, mon cher enfant, c'était un homme.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature