Jules Noriac

Jules Noriac

Résumé

Portrait de Jules Noriac Jules Noriac La Comtesse de Bruges (1878)

Le jeune homme obéit, la belle comtesse l'amena vers elle, et prenant sa tête entre ses mains, elle lui dit: — Henry, mon- Henry, c'est toi, c'est bien toi que je puis voir et toucher, alors que j'avais perdu tout espoir. Écoute-moi, ne réponds rien. Et d'abord les hommes n'entendent rien aux choses du cœur. Je t'aime, si tu savais comme je t'aime! Tiens, je ne savais pas moi-même; il m'a fallu verser bien des larmes pour comprendre la puissance de cet amour. Et voilà que maintenant, comme si j'avais encore des larmes, tu viens me dire: Dites un mot, et je pars.
Source : Gallica

Portrait de Jules Noriac Jules Noriac La Comtesse de Bruges (1878)

Le pauvre homme n'avait même pas entendu les injures de son enfant, il n'avait compris que sa douleur.
Henry jeta les yeux sur le papier et se mit à pleurer amèrement. Il ne faut pas chercher bien loin dans le cœur d'un homme vigoureusement trempé; au fond de toute nature forte, il y a des larmes.
— Ah! tonnerre du diable! s'écria Jeanneton, voilà que vous pleurnichez maintenant, vous un gentilhomme, vous un soldat, vous le fils de votre père! Ah! milliard de Dieu ! c'est bon pour moi, ces choses-là ; mais vous, c'est honteux : vous n'êtes pas un homme !
Source : Gallica

Portrait de Jules Noriac Jules Noriac La Comtesse de Bruges (1878)

Quand ils m'envahissent, je ne vois plus rien. Que m'importent les alérions de Lorraine, les fleurs de lis de France, les tours d'Espagne, les chaînes de Navarre et les étoiles d'or qui chargent mon écu ! Le redoutable sanglier de Bruges lui-même me semblerait, si je pensais à lui, une bête puante et ridicule prête à japper à mes amours.
Dans ces moments, je ne vois rien, je ne pense a rien, à rien qu'au feu qui brûle mes veines, et lorsque l'image de Dieu apparaît, ce n'est qu'après, quand la honte m'empêche de lever les yeux vers le ciel. ,-' Au jour, la comtesse se leva.
Source : Gallica

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