Résumé

Louis Proal Revue des Deux Mondes

« N’ayant plus de quoi vivre, je meurs. J’aime mieux la mort que la misère. Mon casier judiciaire est intact. » — « Voilà comment on aide la vieillesse », s’écriait un troisième en se donnant la mort. — « La vie est trop lourde à supporter, écrivait à son fils un ouvrier âgé. Je m’en vais sans regrets. Je te quitte pour l’inconnu, mais il ne peut être pire que mon état. Vive la République sociale, qui ne laissera pas mourir de faim ses enfans. »
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Louis Proal Revue des Deux Mondes

Ce qui m’a beaucoup frappé dans les nombreux écrits des suicidés par misère, c’est l’absence de tout sentiment de haine contre le propriétaire, c’est le chagrin de ne pouvoir le payer, et le désir que le petit mobilier qu’ils laisseront serve à le désintéresser. Un ouvrier, peintre en bâtimens, âgé de cinquante-six ans, manquant de travail et à bout de ressources, ne pouvant payer son loyer, se pend après avoir écrit à son neveu : « Mon cher J..., la vie m’est à charge, je ne puis plus la supporter. Je te prie de vendre mes meubles, pour payer mon loyer. »
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Louis Proal Revue des Deux Mondes

La foi ne supprime pas la douleur, elle l’endort, elle la berce, elle la calme, elle l’empêche de dégénérer en désespoir.
Mais si la foi console, elle ne donne pas du travail et du pain à ceux qui en manquent, elle n’empêche pas l’encombrement des ouvriers dans Paris, ni les accidens, elle ne rend pas la santé aux épileptiques, ni la jeunesse aux vieillards. Il faut donc, pour ces diverses catégories de misères, diverses œuvres de bienfaisance, d’assistance. Les œuvres de charité qui distribuent des vêtemens, des alimens, des secours, ne manquent pas.
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