Léon Boucher

Résumé

Léon Boucher Revue des Deux Mondes

Shelley en était resté à la Justice politique, Godwin avait fait du chemin depuis, mais en arrière. Il avait fini par s’apercevoir que ses principes étaient beaucoup moins innocens qu’il ne l’avait cru d’abord. Il tenta de tempérer l’ardeur du jeune enthousiaste en lui répétant que « chaque forme de société est bonne à sa place. » Shelley ne se laissa pas persuader. Son âme, une des plus étranges qui aient passé dans ce monde, était, il faut l’avouer, d’une autre trempe que celle de Godwin. L’élève brûlait d’essayer à la pierre de touche de la réalité l’idéal rêvé par le maître.
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Léon Boucher Revue des Deux Mondes

Il y a là une question de mesure et de goût, et si miss Austen n’a pas toujours su se tenir sur la limite, c’est par excès de vérité qu’elle a failli.
Le roman, plus que tout autre genre de littérature, subit les influences de la mode. Ce qui touchait jusqu’aux larmes il y a quarante ans peut faire éclater de rire aujourd’hui, et il est probable que la génération qui suivra la nôtre, aux endroits où nous nous sentons émus, à son tour sourira. L’horrible même n’est pas à l’abri de ces vicissitudes du goût.
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Quoi qu’il en soit, comme l’avenir n’était pas beaucoup plus assuré que le présent, Johnson crut le moment propice pour accomplir le seul des trois grands actes de la vie dont on soit le maître : il se maria. Boswell, dans ce style dont le secret s’est perdu, dit que dès sa plus tendre jeunesse son ami avait été « sensible à l’influence des charmes féminins. » Il faut en effet qu’il l’ait été, et à un rare degré, pour s’être laissé séduire par une personne qui avait le double de son âge et dont il devait être, de tous ses contemporains, le seul à comprendre les attraits.
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