Mademoiselle de Martignat

Résumé

Mademoiselle de Martignat L'Oncle Boni (1880)

Pendant cet aparté du baron de Nanjac, Maître Laportalière n'avait pas perdu son temps. Il avait, en très peu de paroles, mis sa fille au courant de la situation :
« C'est l'oncle de feu monsieur Régis de Nanjac, notre regretté bienfaiteur, lui avait-il dit. Aide-moi à tenir ma promesse.
– Oui, père, » avait répondu l'enfant.
Puis, étendant les deux mains en avant, comme font les malheureux frappés de cécité, elle avait couru au baron.
« Que me veux-tu, petite ? lui demanda ce dernier, en s'efforçant d'adoucir sa voix.
– Vous parler de vos petits-neveux. »
Le baron fronça le sourcil.
Source : Gallica

Mademoiselle de Martignat L'Oncle Boni (1880)

Monsieur le capitaine, demanda-t-elle d'une voix très câline, nous aimez-vous un peu, mes soeurs et moi ?
– Non pas un peu, mais beaucoup, répondit en riant l'excellent capitaine, qui, à la vue de la fillette, s'était déridé à l'instant.
– En ce cas, continua gravement Gabrielle, c'est le moment de le prouver.
– Ah ! bah ! s'exclama le vieillard, que le sérieux de l'enfant amusait.
– Êtes-vous prêt, monsieur le capitaine, à faire quelque chose pour nous ? demanda encore Gabiche, se campant cette fois devant son interlocuteur et le regardant dans les yeux.
Source : Gallica

Mademoiselle de Martignat L'Oncle Boni (1880)

Lucette, mes petites soeurs et Grand-Jacques.
– Et votre jeune frère aussi ? demanda l'inconnu.
– Non, répondit l'enfant, dont la voix tremblait de colère. Nielo est un méchant ! Je le déteste : c'est lui qui a laissé échapper mon oiseau ! »
Et Gabiche, fondant en larmes, raconta son double malheur :
Son chardonneret était perdu pour elle, comme elle était perdue pour sa mère et ses soeurs.
« Pauvre maman ! surtout pauvre Lucette ! ajouta tristement la fillette, elle doit avoir tant de chagrin !
« Nous nous aimons beaucoup, monsieur, car nous sommes jumelles. »
Source : Gallica

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