Nathanaël Weiss

Résumé

Nathanaël Weiss L'intolérance de Jeanne d'Albret (1891)

Qui prétendra, sachant quel crime c'était, au xvie siècle, de conspirer contre un souverain, qu'une autre ne se serait pas vengée?
On attentait à sa vie, on faisait appel aux pires instincts et aux plus basses convoitises pour la dépouiller. Eh bien, non! la révolte étouffée, Charles IX plaide la cause des conjurés, Jeanne leur pardonne, et Charles de Luxe reçoit du roi de France, pour prix de cette amnistie si bien gagnée, le collier de l'ordre de Saint-Michel2.
Voici d'ailleurs une révélation nullement préméditée des sentiments qui animaient la reine à cette époque si critique pour elle.
Source : Gallica

Nathanaël Weiss L'intolérance de Jeanne d'Albret (1891)

Mais si la renommée est une gloire, il faut s'attendre à la voir contestée, tour à tour portée aux nues ou traînée dans la boue. On a donc tenté de réhabiliter la mémoire de Catherine de Médicis tandis qu'une série ininterrompue de détracteurs s'est acharnée sur celle de Jeanne. Cela est si vrai que, lorsqu'on veut résumer l'horreur ou la défiance que doit inspirer le protestantisme, on ne manque pas de citer, après le supplice de Servet, l'intolérance et les prétendus massacres ordonnés par la reine de Navarre.
Source : Gallica

Nathanaël Weiss L'intolérance de Jeanne d'Albret (1891)

On dit que Charles IX la blâma et que Jeanne réussit à faire placarder jusque dans Rome une protestation. Fort bien. Il n'en est pas moins vrai que les bons catholiques, et surtout ceux en mesure de mettre leur épée au service de leurs prétendues convictions, s'autorisèrent de cette auguste permission pour traiter une aussi dangereuse hérétique comme une véritable criminelle. On ne s'étonne donc pas d'apprendre que, d'accord avec les Guises, le roi d'Espagne ourdit un complot pour faire enlever la reine et ses enfants et la livrer de force à l'Inquisition2.
Source : Gallica

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