Résumé

Pierre Boyer Une Brune, scènes de la vie de carabin… (1868)

Joakain ne répondit rien.
— Et tu ne m'as jamais aimée? reprit Madeleine. — Oh je t'ai beaucoup aimée, et Dieu sait ce que j'ai souffert pour te sortir de là, fit Joakain en portant la main au-dessus de son sein gauche comme sur une plaie encore ouverte.
— Et c'est fini?....
— C'est fini, répéta l'étudiant d'une voix brève.
— Tu ne m'aimes plus du tout, du tout ?
— Mon Dieu, si tu y tiens, je t'aime peut-être encore.... comme on aime toutes les femmes.
Source : Gallica

Pierre Boyer Une Brune, scènes de la vie de carabin… (1868)

Soyez indulgents pour cette belle créature, sa beauté nous apparaît comme derrière un crêpe. Toutefois, nous ne serons point triste par anticipation; la vie met le rire à côté des larmes, l'impassibilité à côté de l'émotion, le douloureux à côté du grotesque : nous nous efforcerons d'être comme la vie, nous serons gai ou triste d'après nature.
Passons à l'étudiant.
Joakain Bissard avait le front large, l'oeil brillant et doux, le sourcil d'un noir luisant ; les lèvres voluptueuses et sanguines comme Madeleine et, comme elle aussi, le menton rond, charnu, avec une fossette.
Source : Gallica

Pierre Boyer Une Brune, scènes de la vie de carabin… (1868)

C'était le printemps, le Luxembourg leur envoyait la tendre ivresse des jeunes feuilles et le parfum languissant des fleurs endormies. Le ciel était bleu, les soirées tièdes, et d'autres amoureux passaient en se serrant plus étroitement à mesure qu'ils approchaient de chez eux.
— As-tu pensé à moi? m'as-tu été fidèle? disait Madeleine en interrogeant de ses yeux noirs les yeux brillants de Joakain.
— Si je t'ai été fidèle, répondait-il ; mais quand je ne voudrais pas, pourrais-je faire autrement ; comparées à toi, toutes les femmes me semblent des impossibilités, des invraisemblances.
Source : Gallica

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