René Benjamin

René Benjamin

Résumé

Portrait de René Benjamin René Benjamin La Farce de la Sorbonne (1921)

Qu’ils s’aillent promener, c’est le bon sens. La rêverie près d’un parterre de fleurs au Luxembourg, par une tiède et lumineuse après-midi, voilà de quoi enrichir cent fois plus une jeune âme que tous ces cours publics, scientifiques et archi-nuls.
On peut passer deux ans, trois ans, vingt ans à la Faculté des Lettres sans y vivre une heure d’émotion. En revanche, à l’âge de la confiance et de l’espoir, Aulard vous y persuade que toute recherche est vaine, Seignobos que le passé est indéchiffrable, Basch que le présent est fou, Puech et Martha qu’on peut remplir les heures avec rien.
Source : Gutenberg

Portrait de René Benjamin René Benjamin La Farce de la Sorbonne

Ce centenaire est un danger ; ce centenaire vient d’être fêté. À ce seul mot de « fête », les entrailles de M. Aulard se crispent ; il souffre et il sécrète du fiel en faisant une sainte figure. C’est ce masque qu’il faut dénoncer : cet homme manque de courage.
Tel un chat maigre, lâché dans l’immense grenier du Premier Empire, il va doucement, patelinement, de son ton de bon apôtre, insinuer que Napoléon, que vous croyiez un grand Français, — tout discutable qu’il fût, — n’a été qu’un médiocre, servi par la chance.
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Portrait de René Benjamin René Benjamin La Farce de la Sorbonne (1921)

Sur quoi il ne peut s’empêcher de rire encore. Il est radieux de constater partout, dans tous les pays, dans tous les temps, la folie de la pensée humaine, le désordre des sociétés, la relativité de tout ce qui est. Au fond, l’humanité l’enchante, tant elle l’écœure, et ses propres leçons l’amusent, à force de lui faire pitié. Car il ne croit pas plus à l’enseignement qu’au reste, mais, persuadé que tout cours est imbécile, il illustre du moins cette pensée-là d’une démonstration claire.
Source : Gutenberg

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