Saint-Denis dit Ali

Résumé

Saint-Denis dit Ali Revue des Deux Mondes

« Que vous êtes heureux !... Que j’envie votre place, votre sorti... Mais maintenant, tout ce que je dis est inutile : on l’a fait tomber dans le piège ; ses ennemis implacables le tiennent... Je souhaite qu’il soit heureux, c’est tout ce que mon cœur désire... O Napoléon ! Napoléon ! quel sort t’est réservé ! Tu comptes sur la générosité des Anglais : je prie Dieu que ta confiance ne soit pas trompée !... Pour moi, je ne puis y croire... » Avec lui je pleurais. Avant et après le départ de l’Empereur, j’avais entendu les diverses conversations des matelots.
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Saint-Denis dit Ali Revue des Deux Mondes

« Quelle qu’ait été l’idée de l’artiste de me représenter ainsi, dit l’Empereur, je le suis d’une manière trop indécente. Je n’aime pas cela. J’aimerais beaucoup mieux qu’on habillât les gens tels qu’ils sont habituellement que de les affubler d’un costume qui n’est pas le leur. Habillez, continua-t-il, habillez les Grecs et les Romains comme ils l’étaient dans les temps anciens, mais habillez les Français de nos jours comme ils sont au XIXe siècle. Faire autrement est chose ridicule et bizarre. » Les statuettes demeurèrent sur la cheminée pendant le déjeuner et disparurent ensuite.
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Dans le silence de la nuit, passant en revue tous les événements qui venaient de s’accomplir et réfléchissant sur le sort réservé à la France et sur le sort de ceux qui lui restaient fidèles ainsi que sur le sien propre, l’Empereur n’eut plus qu’une pensée, celle de terminer une vie qui ôterait tout prétexte à la vengeance de l’ennemi étranger et aux rigueurs que ne manqueraient pas d’exercer ces autres ennemis qui se disaient Français et qui, pendant vingt-cinq ans, n’avaient cessé de conspirer la ruine de cette France, laquelle les avait rejetés de son sein.
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