Samuel-Henry Berthoud

Résumé

Samuel-Henry Berthoud Les Soirées du Dr Sam... (1871)

Ces paroles émurent profondément M. Marbel, ses yeux se remplirent de larmes ; il ne pouvait parler :
— Oui, dit-il en sautant au cou de Conrad et en le pressant contre son coeur ; oui, tu es mon fils et je veux être ton père.
M. Marbel le garda plusieurs semaines auprès de lui, puis il le laissa poursuivre sa route en le bénissant.
— As-tu de l'argent? lui demanda-t-il au moment de son départ.
— J'ai encore vingt-cinq écus, répondit Conrad, je n'ai pu épargner davantage.
— C'est assez d'argent pour un ouvrier, et avec l'écu que je t'ai donné, ajouta-t-il en souriant, te voilà riche.
Source : Gallica

Samuel-Henry Berthoud Les Soirées du Dr Sam... (1871)

Cette fois, le coeur de Marguerite se prit à battre, et elle tourna ses regards vers sa mère. Sa mère souriait les yeux pleins de larmes.
— Vous ignorez ma position de fortune, reprit Christiern, et je dois...
— Mon ami, interrompit madame Clément, vous êtes un noble coeur. Voilà tout ce que nous voulons savoir. Vous êtes un artiste et presque un savant, autant que j'en puis juger, et je ne vous crois guère plus riche que ma fille. Ne craignez donc pas de m'avouer votre pauvreté; avec la jeunesse, l'amour et le travail, on peut la défier et la vaincre. Venez, mon fils, que je vous embrasse !
Source : Gallica

Samuel-Henry Berthoud Les Soirées du Dr Sam... (1871)

Je suis riche, puisqu'on appelle cela être riche, continua M. Marbel, mais la richesse en elle-même a peu d'attraits pour moi, car je n'en ai que faire ; je puis vivre d'aussi peu que mes domestiques : à quoi donc me sert l'argent? Ce qui me réjouit, c'est d'avoir gagné tout ce que j'ai par mes seules forces et avec la plus irréprochable probité. Ma fortune ne m'a coûté ni sang, ni larmes ; des sueurs seulement : voilà la plus grande joie du sage. Il n'y a qu'une nécessité dans la bonne et dans la mauvaise fortune : la vertu.
Source : Gallica

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