Résumé

Soirées littéraires de Paris (18..)

Et ma main de nouveau soutient mon front austère, Pensif, traînant toujours mon rêve involontaire, Hôte importun qu'il faut nourrir.
Un bal, que c'est brillant ! me dis-je ; c'est miracle Que tant de mouvement, d'éclat et de gaîté.
Tant de joie au bonheur est pourtant un obstacle: L'âme y perd, entr'ouvrant l'or de son tabernacle, Son mystère de pureté.
Tout ce monde, on dirait qu'il se hâte de vivre ; Chacun bruit, bondit, tourbillonne à la fois; Chaque sens aiguisé s'épanouit, s'enivre ; Le cœur aussi chancelle, et s'épanche, et se livre, Cédant au hasard et sans choix.
Source : Gallica

Soirées littéraires de Paris (18..)

Il ne bat pas de cœur sous sa pourpre immobile : C'est un mort. — C'est Inez.—C'est ce mort triomph, Que l'on sacre aujourd'hui reine de Portugal.
D'un hymen reconquis navrante apothéose !
Malgré la nuit du temps, où tout se décompose, Que ce tableau vivace est âcre de couleurs !
Sentez-vous, Maria, ce qu'il contient de pleurs ; Et sentez-vous aussi, dans votre âme troublée, Ce frisson de respect qui saisit l'assemblée, Quand proche d'être roi, ne se montrant qu'époux, Le prince, aux pieds d'Inez, fut tomber à genoux
Source : Gallica

Soirées littéraires de Paris (18..)

Combien de fois le sein du poète inspiré N'est qu'un autel qui souffre, un temple délabré, Où veille, pâle et seul, le chagrin qui le ronge, Et le regret d'un Dieu, qui ne fut qu'un mensonge Don Pèdre fut aimé; mais lui, quand l'aime-t-oni On joue avec ses pleurs, pour flétrir sa raison, Et, quand son cœur n'est plus qu'un sépulcre qui si Le spectre qu'il renferme est vivant : c'est une om Qui, pour mieux l'insulter, y fait rire sa voix.
Source : Gallica

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