Élie Berthet,
L'étang de Précigny. Tome 3
(1849)
“ L'ÉTANG DE PRÉCIGNY. 35 — Mon père... — J'ai tué ma fille ! répéta le malade en délire ; je suis voué à la haine des hommes, je suis maudit du ciel... Mères qui pleuriez vos enfants, vieillards qui me redemandiez vos petits-fils, fiancés qui voyiez expirer vos fiancées, vous êtes tous vengés à la fois... j'ai tué ma fille ! En prononçant ces mots il retomba en arrière, ferma les yeux et un râlement sourd s'échappa de sa poitrine. Merville courut à lui d'un air épouvanté. Thérèse voulut s'approcher à son tour, mais le docteur la repoussa et fit signe à Alfred de l'éloigner. ”
