“ IV. Mais, puisque cette fête est commune à tous les anges, pourquoi spirituellement l’appelle-t-on la fête de saint Michel et non de Gabriel ou de Raphaël ? Je réponds : Michel est l’ange qui a été envoyé en Égypte, qui a fait ces fameuses plaies d’Égypte, qui a séparé la mer Rouge, qui a dirigé le peuple à travers le désert et l’a conduit dans la terre de promission. C’est lui qui est le chef et le gardien du paradis ; c’est lui qui est chargé de recevoir les âmes et qui est le prince de l’Église ; c’est pourquoi nous devons le vénérer plus que les autres. ”
Fête de Saint-Michel
Définition et enjeux
Citations sur “Fête de Saint-Michel”
Félix de La Villeaucomte, Henri V au Mont-Saint-Michel, vision de l'avenir (1871)
“ Les lettres et les arts, qui brilleront d'un vif éclat, le célébreront à l'envi. C'est alors que couvert de gloire et de lauriers il viendra, humble pèlerin, déposer ses lauriers et sa gloire aux pieds de l'archange saint Michel. O coïncidence heureuse des nombres mystérieux ! Dieu ne fait rien sans nombre. Il est né le jour saint Michel. La fête de l'un est la fête de l'autre, et la fête de l'un et de l'autre est celle de la France. ”
Oeuvres de Paul Féval. Les Merveilles du Mont-Saint-Michel (1879)
“ Je suis né le 29 septembre, jour de la fête de saint Michel, et ma pieuse mère avait voué mon berceau au chef des milices célestes, vainqueur immortel du mal. Je veux essayer d'écrire l'histoire de sa maison merveilleuse où habite le dessein de Dieu. Quis ut Deus ? Qui est comme Dieu ? O petits que nous sommes! ô méprisable folie de ceux qui damnent leur éternité pour se croire grands pendant un jour ! Saint Michel ne m'a point parlé, mais j'ai considéré le symbole de son épée d'enfant et de son bouclier qui semble un jouet; et j'ai dit en moi-même : toute force est à Dieu. ”
Pierre Marie Brin, Saint Michel et le Mont-Saint-Michel (1880)
“ Soudain, l’Archange apparut lui-même au milieu d’une gerbe de feu, qui l’enveloppait comme un vêtement d’honneur et une auréole de gloire. Le lendemain et tous les jours de l’octave la fête se continua, et l’on vit au Mont-Saint-Michel plusieurs petites caravanes de pèlerins. Le jour de la clôture, la mer entoura le Mont de ses flots et permit d’offrir aux étrangers un spectacle unique peut-être au monde. ”
Oeuvres de Paul Féval. Les Merveilles du Mont-Saint-Michel (1879)
“ Ils ont rappelé la religion dans le sanctuaire de saint Michel d'où ils ont chassé la solitude et l'oubli. Peu de temps avant mon arrivée, un pèlerinage avait eu lieu où dix mille fidèles chantaient le cantique du Sacré-Coeur sur la grève, autour des murailles ; peu de temps après mon départ, la fête du 29 septembre assemblait un nombre double de fervents. Saint Michel est toujours le patron des Français qui croient, qui espèrent, qui aiment, et, Dieu soit loué, nous sommes beaucoup comme cela. ”
Félix de La Villeaucomte, Henri V au Mont-Saint-Michel, vision de l'avenir (1871)
“ Levez-vous, vieux chevaliers de Saint-Michel, et vous, moines de l'antique abbaye, revêtez vos habits de fête et vos ornements les plus beaux ! Portes du Mont, ouvrez-vous, voici le roi de France, le roi de gloire : A gloria ejus illuminata est terra. Les cloches joyeuses envoient dans l'espace leurs volées les plus sonores et redisent une chanson des cieux, la mer joint ses applaudissements et son grand orchestre aux mille voix du peuple qui applaudit, les oiseaux du Ciel sont aussi de la fête et le soleil sourit dans un ciel d'azur. ”
Pierre Marie Brin, Saint Michel et le Mont-Saint-Michel (1880)
“ Les assemblées générales où se traitaient les plus graves intérêts de l’ordre devaient se tenir le jour de la fête de saint Michel. La veille, tous les membres se présentaient devant le souverain à l’heure des vêpres, et allaient ensemble à l’Église revêtus de manteaux de damas{293} blanc traînant à terre, «brodez» d’or, avec des coquilles «d’or» et lacs d’amour en broderie et «fourrez d’hermines,» la tête couverte d’un chaperon ”
Pierre Marie Brin, Saint Michel et le Mont-Saint-Michel (1880)
“ Une fête qui se célèbre encore le 16 octobre dans le diocèse de Coutances et Avranches, fut instituée pour honorer l’anniversaire d’un si beau jour. D’après une pieuse tradition, Notre-Seigneur, accompagné de saint Michel et assisté par les anges, descendit des cieux, fit lui-même la consécration de l’église et en confia le soin au glorieux Archange. A partir de ce moment les esprits célestes ne quittèrent plus la sainte montagne et dans le silence des nuits, quand la prière des hommes ne montait plus vers le trône de l’Éternel, ils commençaient une hymne de louange à la gloire du Très-Haut. ”
Charles-Marie Maignan, Notice historique sur Saint-Michel de Laval… (1856)
“ Tous les dimanches et les jours de fête il y a, dans l'église de Saint-Michel, sermon suivi d'un Salut solennel. Chaque année le mois de Marie y est célébré avec la plus grande pompe. Les décorations , les chants , les prédications participent de l'élan qu'impriment à tous les cœurs le bonheur de rendre hommage aux vertus et aux gràces de la dispensatrice des bienfaits de la miséricorde divine. La chapelle de Saint-Michel devient un trône élevé à la gloire de la Reine du ciel et de la Consolatrice des affligés. ”
Charles-Marie Maignan, Notice historique sur Saint-Michel de Laval… (1856)
“ Pottier, notaire et tabellion royal à Laval, un compromis par lequel ils s'engageaient réciproquement, les chanoines à venir processionnellement chanter une grand'messe à Saint-Vénérand le lundi de Carnaval, et le clergé de cette paroisse à faire aussi processionnellement une station a Saint-Michel et a y chanter une grand'messe le 4 G octobre de chaque année, jour d'une fête de saint Michel. ”
A. Petitdemange, Fête de l'apparition de saint Michel… (1898)
“ Mais l'Italie n'est point, seule, favorisée des apparitions de saint Michel. La France a, elle aussi, ce touchant privilège. Le 14 novembre 709, l'Archange apparaît à saint Aubert, douzième évêque d'Avranches. « Dieu veut, lui dit l'Esprit céleste, qu'on m'élève un temple, dans la mer, sur un rocher appelé la Tombe. » Le saint, qui veut être sûr de la vérité de la vision, n'obéit point sur-lechamp. Deux autres fois, saint Michel se montre à lui. A la troisième apparition, comme saint Aubert hésite encore, l'Archange lui appuie le doigt sur le front et y laisse une forte empreinte. ”
Charles-Marie Maignan, Notice historique sur Saint-Michel de Laval… (1856)
“ Une autre belle cérémonie avait lieu en cette église le 8 mai de chaque année, jour fixé, en faveur de cette collégiale, pour la célébration de la fête de l'apparition de saint Michel, du rit solennel mineur , sans octave, par Mgr de Grimaldi, de la famille des princes de Monaco , évêque du Mans , suivant une lettre de M. l'abbé de Glandèves, vicaire général, en date du 28 avril 1772. Cependant la collégiale de Saint-Michel , jusqu'à- lors favorisée par la Providence , vit un jour son beau ciel s'assombrir : ses patrons, les seigneurs de Poligny, avaient embrassé le protestantisme ! ”
Eugène Duplessy, Journal apologétique de la guerre… (1916)
“ C'est aujourd'hui la fête de l'archange saint Michel. Or, une tradition veut que les anges gardiens ne soient pas uniquement réservés aux individus : les familles, les cités, les nations auraient le leur. Et une autre tradition veut que saint Michel soit l'ange gardien de la France. ”
Léon Gautier, La Chanson de Roland/Léon Gautier…
“ Il s’agit ici, comme je l’ai démontré ailleurs, du fameux Mont-Saint-Michel, près d’Avranches, et de la fête de l’Apparition de saint Michel in monte Tumba, qui se célébrait le 16 octobre. Que cette fête se soit, comme l’avance Mabillon, « célébrée jadis dans toute la seconde Lyonnaise, dans un nombre considérable d’églises et jusqu’en Angleterre, » je le veux bien. J’ajouterai même que ce très-célèbre pèlerinage se trouve mentionné en d’autres romans ”
Just-Jean-Étienne Roy, Louis de La Trémoïlle, ou Les frères d'armes… (1881)
“ « Allons, jeunes gens, « c'est aujourd'hui la fête de Monsieur saint Michel, le « chef des chevaliers de la milice céleste, songeons à la « célébrer dignement. » A ces mots il se retira dans ses appartements. Un chambellan vint aussitôt inviter les nouveaux chevaliers à prendre part au banquet royal ; ils furent assis à une table voisine de celle où se trouvaient les chevaliers de SaintMichel. La fête se termina par un carrousel sur l'esplanade du château, qui n'était pas encore garni des défenses dont nous avons parlé en commençant, et qui n'y furent établies que deux ans après. ”
Julien Gautier, Détails sur la vie et la mort de la mère Marie-Antoinette… (1876)
“ On s'adressait au grand Archange dont la fête approchait ; Mlla Émilie Mézerette le priait avec un zèle ardent, et précisément tant de supplications eurent leur effet: le jour de Saint-Michel, un enfant royal nous fut donné. Elle invoquait encore saint Michel pour qu'il daignât assister l'Eglise et les âmes dans le dernier combat qu'elles ont à soutenir, au moment de l'agonie, contre les: ennemis du salut. Elle avait encore une dévotion toute particulière pour son bon ange gardien, auquel elle se recommandait souvent pendant la journée ”
Julien de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs… (1839-1841)
“ Dans une des salles du couvent des Cordeliers se tenaient, en vertu d'une ordonnance de l'an 1728, les chapitres ou assemblées générales de l'ordre de Saint-Michel, en présence d'un chevalier commandeur des ordres du roi. Ces assemblées avaient lieu deux fois par an, le 8 mai, fête de l'apparition de Saint-Michel, et le premier lundi de l'Avent. A la fin de chaque assemblée, on distribuait à tous les chevaliers présents des médailles d'argent, dont l'empreinte avait rapport à quelque événement de la vie du roi régnant. ”
Pierre Marie Brin, Saint Michel et le Mont-Saint-Michel (1880)
“ Tous les peuples qui ont connu saint Michel l’ont honoré d’un culte spécial; l’Église grecque et l’Église latine, les chrétiens d’Orient et ceux d’Occident, les empereurs de Byzance et de Moscou, l’Italie, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Irlande, l’Espagne et la France ont rivalisé de zèle pour élever des autels et bâtir des temples sous le vocable du prince de la milice céleste; mais, depuis les premières années du huitième siècle, le Mont-Saint-Michel au péril de la mer a été le foyer de cette dévotion universelle et le centre de ce mouvement imprimé au monde catholique. ”
Pierre Marie Brin, Saint Michel et le Mont-Saint-Michel (1880)
“ D’autres associations non moins florissantes s’étaient établies dans le but d’honorer l’Archange et de favoriser les pèlerinages au Mont-Saint-Michel. Leur nombre se multiplia au quinzième siècle, mais pour en trouver l’origine, il faut remonter plus haut dans le moyen âge. Dès l’année 1210, d’après le frère Jacques du Breul, le roi Philippe-Auguste «fonda la confrérie de saint Michel l’Ange, du Mont de la mer, en l’église Saint-Michel près le palais, à Paris, pour les pèlerins et pèlerines» qui avaient fait le «voyage» du mont Tombe. ”
Pierre Marie Brin, Saint Michel et le Mont-Saint-Michel (1880)
“ «Ce grand Archange est comme l’âme du peuple français; et le peuple français est comme une incarnation vivante de ce grand Archange.» Quels traits de ressemblance, en effet, quelle frappante analogie entre ces deux puissances: saint Michel et la France! A la tête des anges qui veulent être à Dieu, lui demeurer fidèles à jamais, figure saint Michel. C’est la destinée séculaire de la France de marcher à la tête des nations chrétiennes. Saint Michel, dans les hauteurs des cieux, est le champion intrépide de la gloire de Dieu, le vaillant défenseur de sa cause. Il s’appelle: Qui est comme Dieu? ”
Pierre Marie Brin, Saint Michel et le Mont-Saint-Michel (1880)
“ Après quelque hésitation, le saint évêque obéit; il part à la tête de son clergé, suivi d’un peuple nombreux qui, saisi d’enthousiasme, chante des hymnes et des cantiques. C’est ainsi que la religieuse cité d’Avranches ouvrait l’ère à jamais féconde des pèlerinages au Mont-Saint-Michel. Malgré de prodigieux obstacles, la basilique est construite; et à dater de ce jour le Mont-Saint-Michel devient le rendez-vous du monde catholique. Les pieux fidèles accourent de tous les pays: ils viennent des diverses parties de la France; ils viennent de toutes les contrées de l’Europe. ”
Oeuvres de Paul Féval. Les Merveilles du Mont-Saint-Michel (1879)
“ Ce soir-là, quand les religieux du Mont vinrent pour la prière du soir et que la voix grave du Père supérieur eut récité les litanies, je baisai les dalles où les chevaliers s'agenouillaient autrefois et je dis en mon âme : « Ange du Sacré Coeur et de la patrie, protégez la patrie auprès du Sacré Coeur. Saint Michel couronné de foi divine, ô saint Michel, armé du divin amour, défendez-nous dans le combat, afin que nous aimions ceux qui nous haïssent jusqu'à la mort et que, fût-ce au prix de tout notre sang, le souille des réconciliations descende sur le repentir de la France ! » ”
A. Petitdemange, Fête de l'apparition de saint Michel… (1898)
“ Mais l'Archange est là qui veille. Non seulement il émnusse les armes des Normands, mais il triomphe du cœur de leur chef. Le fii-r Rollon reçoit le baptême ; il devient le soldat du Christ, le serviteur de saint Michel. Le sanctuaire dédié au Prince des Anges est resté debout! Les Anglais viennent ensuite. Pour s'emparer du mont SaiLtMichel, ils emploient tour à tour la force des armes, la ruse, l'or même de la trahison. Vaines tentatives! Une céleste puissance déjoue leurs calculs et brise leurs efforts. Le mont Saiul-Michel demeure à la France, et son sanctuaire imprenable reste debout! ”
Oeuvres de Paul Féval. Les Merveilles du Mont-Saint-Michel (1879)
“ Il y a au-dessus du monde quelque chose de nouveau et d'éternel. Sur cette montagne de merveilles qui a porté si longtemps les destinées de la France, c'est le même saint Michel avec un peu d'or en plus à son front. ”
Pierre Marie Brin, Saint Michel et le Mont-Saint-Michel (1880)
“ Ainsi, dans le palais des rois et dans le cloître des moines, au milieu des camps et à l’ombre des autels, dans les familles illustres et parmi les modestes écoliers, sur tous les points de notre territoire, et en particulier dans les localités voisines du Mont, le culte de l’Archange jouit pendant plusieurs siècles d’une grande célébrité. Le concert de louanges en l’honneur du génie tutélaire de la France était universel.Dans les temps modernes, la dévotion à saint Michel a perdu son éclat. Faut-il s’en étonner? L’impiété s’efforce d’obscurcir le dogme des anges, et spécialement des démons ”
Pierre Marie Brin, Saint Michel et le Mont-Saint-Michel (1880)
“ La même époque fut signalée par d’autres prodiges ni moins célèbres, ni moins étonnants. Il est rapporté que pendant la nuit une vive lumière, appelée clarté de saint Michel, enveloppait l’église et le sommet de la montagne, tandis que les anges faisaient entendre une céleste harmonie. Une femme depuis longtemps paralysée recouvra l’usage de ses membres, et aussitôt, dit un historien, elle jeta «les énilles» ou «potences» dont elle se servait pour marcher, et «estant arrivée devant le grand autel saint Michel,» elle remercia Dieu de l’avoir guérie par l’intercession de l’Archange. ”
Pierre Marie Brin, Saint Michel et le Mont-Saint-Michel (1880)
“ Il ne faut pas non plus espérer qu’ils puissent se réunir par milliers, parcourir à pied sur la neige des provinces entières, aller de porte en porte mendier leur pain de chaque jour et se rendre au mont Tombe couverts du sombre habit des pénitents. Nos mœurs ne s’opposent pas moins à ces pèlerinages, où l’on voyait les confrères de différentes associations franchir de longues distances, le bourdon à la main, arriver au Mont-Saint-Michel musique en tête et chercher des délassements à leur fatigue dans des jeux innocents. ”
Oeuvres de Paul Féval. Les Merveilles du Mont-Saint-Michel (1879)
“ La France faisait bien d'honorer et de dorer la montagne sur laquelle le labarum flottait, car la cloche de Saint-Michel, redevenue française, allait sonner une de ces heures de grande gloire qui étonnent et conjurent si souvent nos plus extrêmes périls. La fille aînée de l'Eglise est habituée au secours des miracles, et tant qu'elle a une voix pour bénir le nom de Dieu, il ne lui est pas permis de désespérer. Crions vers Dieu et que l'espoir soit au plein de nos âmes ! ”
Louis Énault,
Le chien du capitaine ; Trop curieux…
(1880)
“ La ville de Saint-Michel fait aujourd'hui commerce de. saintetés ; elle ne vend guère que des objets bénits: des Vierges-Maries et des Enfants-Jésus; des vues du Mont, de l'Abbaye et de la Merveille, et ces petits saints Michels en plomb, pareils à celui que portait à son toquet de velours ou à son bonnet de loutre Louis XI, ce roi deFrance qui tint à honneur d'être le premier chevalier de l'Archange. ”
Pierre Marie Brin, Saint Michel et le Mont-Saint-Michel (1880)
“ Et saint Michel suscitera des anges, des héros; il combattra pour la France et avec eux; et l’on pourra répéter toujours: Michael et angeli ejus prœliabantur{63} cum Dracone, et Draco pugnabat et angeli ejus; et non valuerunt!Nous l’avons vu, le Mont-Saint-Michel a son abbaye où veille et s’initie à toutes les connaissances le savant bénédictin; il possède ses remparts où éclate la vaillance de l’intrépide chevalier; mais par dessus tout il est fier de sa basilique où des milliers de pèlerins sont venus s’agenouiller en priant, en espérant et surtout en aimant. ”
