“ Le gouvernement belge est engagé, depuis le mois de novembre 1831, envers les cinq grandes puissances de l’Europe qui ont reconnu et garanti l’indépendance de la Belgique par un traité qui est son titre légal, traité moins favorable à la Belgique, plus onéreux, plus dur, que l’arrangement final dont les circonstances et les persévérans efforts de ses alliés lui ont obtenu le bénéfice. ”
Gouvernement belge
Définition et enjeux
Citations sur “Gouvernement belge”
Raymond Poincaré,
Au service de la France/T5
“ En remerciant le cabinet de Bruxelles de cette noble conduite, M. Doumergue télégraphie que la France n’attendait pas moins du courage et de la loyauté de la Belgique. L’esprit chevaleresque du peuple belge ne s’est jamais manifesté avec plus d’éclat qu’aujourd’hui. Dans toutes les provinces, les habitants s’associent aux résolutions du roi et du gouvernement. ”
Eugène Robin, Revue des Deux Mondes
“ Le rôle du gouvernement n’est que le développement de celui de la royauté. Tous ses efforts doivent tendre et ont tendu en effet jusqu’à ce jour à favoriser la formation de l’unité nationale, à faire du royaume belge un état. Or, les différens ministères qui se sont succédé depuis le commencement du régime actuel, à quelque opinion qu’ils aient appartenu, ont eu ce but devant les yeux, et tous ayant repris l’œuvre commune au point où leurs prédécesseurs l’avaient laissée, le progrès en ce sens n’a pas souffert d’interruption. ”
Paul Delandsheere, Cinquante mois d'occupation allemande… (1919)
“ Rien n'empêche le Pouvoir occupant de respecter l'organisation séculaire de notre administration générale. Les questions de politique intérieure de la Belgique ne regardent, que les Belges, ne peuvent être résolues que par les Chambres belges, par le Gouvernement belge, par le Roi des Belges. Votre Excellence doit avoir été mal éclairée sur les motifs de la retraite des fonctionnaires qui ont quitté leur administration. ”
Paul Delandsheere, Cinquante mois d'occupation allemande… (1919)
“ Consentez-vous à remplir, sous mon administration générale, les fonctions que vous occupiez au service du Gouvernement belge ? Pas plus que mon prédécesseur, le baron von der Goltz, je ne vous demande d'abdiquer votre patriotisme; je fais appel à votre concours dans l'intérêt général; les finances belges, dont j'assume provisoirement la gestion, vous continueront votre traitement d'avant l'occupation, sous l'unique condition que vous vous engagiez par écrit à remplir loyalement vos fonctions et à ne rien entreprendre contre l'administration allemande dans les territoires belges occupés. ”
“ Là principalement apparut la science politique, l’habileté prévoyante du congrès belge. Cette assemblée donna à la Belgique la constitution qui la régit encore. Grace à cette constitution, nul en Belgique ne conteste aujourd’hui ni le principe du pouvoir, ni la forme du gouvernement ; les partis se combattent sur le terrain légal, et les mœurs prêtent appui aux lois. ”
Henri Pirenne,
Histoire de Belgique
“ Elles résultaient de nécessités diplomatiques et de combinaisons d’intérêts ; elles s’inspiraient de la force et non de la justice ; elles sacrifiaient la Belgique à la tranquillité de l’Europe. Le Congrès s’empressa de faire entendre la voix de cette Belgique dont les Puissances prétendaient disposer sans la consulter. Le 18 novembre, reprenant la déclaration du Gouvernement provisoire et la sanctionnant définitivement au nom de la nation, il proclamait à l’unanimité des cent quatre-vingt-huit députés présents et au milieu des acclamations des tribunes, l’indépendance du peuple belge. ”
Henri Davignon, Revue des Deux Mondes
“ IV Le peuple belge est, en effet, difficile à gouverner et ne peut l’être que par lui-même, que par des hommes sortis de lui, possédant un contact sans cesse renouvelé avec le tempérament national. Tout le passé de nos provinces indique ce minimum de caractères communs que nous venons de dégager trop brièvement, mais qui ne sont pas pour faciliter l’unité de gouvernement. ”
Collection des protocoles des conférences tenues à Londres… (1833)
“ Plein de cet espoir, le Gouvernement Provisoire, voulant d'ailleurs concilier l'indépendance du peuple Belge avec le respect pour les droits de l'humanité, remercie les cinq Puissances de l'initiative qu'elles ont prise pour arrêter l'effusion du sang par une entière cessation des hosti- lités qui existent entre la Belgique et la Hollande. ”
Fernand Neuray, La Belgique nouvelle. A travers quatre ans de guerre… (1918)
“ Autorité et compétence en haut, liberté et contrôle en bas ; un gouvernement qui veuille et sache gouverner, un parlement librement élu qui se borne à contrôler. L'homme d'Etat qui saura corriger dans ce sens les démocraties modernes — la Belgique inclusivement — aura bien mérité de l'Europe et du monde. FAUSSE ROUTE 7 décembre 1915. L'excellent journal belge qui paraît à La Haye sous le titre de Belgisch Dagblad, a reproché au XXe Siècle, le plus amicalement du monde, de faire fausse route. Motif allégué par notre confrère : le XXe Siècle a attaqué le principe de la souveraineté nationale. ”
“ L’unique pouvoir légitime en Belgique est celui qui appartient à notre Roi, à son Gouvernement, aux représentans de la Nation. Lui seul est pour nous l’autorité. Lui seul a droit à l’affection de nos cœurs, à notre soumission. ”
Henri Pirenne,
Histoire de Belgique
“ Si, en pleine crise révolutionnaire, l’activité du Gouvernement provisoire réussit à empêcher la Belgique de tomber dans l’anarchie, c’est grâce au dévouement et à l’activité de ses membres, mais c’est aussi que son autorité fut volontairement acceptée par la nation. ”
“ N’étant point sortis de l’ordre, ils n’ont pas eu à y rentrer ; n’ayant point cessé d’être conservateurs, ils n’ont point eu à abdiquer l’esprit libéral qui animait leurs institutions ; ils sont restés ce qu’ils étaient, tandis qu’autour d’eux tout changeait, — et la Belgique s’est trouvée tout à coup devenir l’un des plus anciens états constitutionnels du continent. Dans ses institutions mêmes, le peuple belge a trouvé sa sauvegarde et la garantie d’un remarquable travail d’accroissement. ”
“ Si la Belgique est restée pendant vingt ans paisible et forte, c’est qu’elle a eu foi dans ses institutions et dans son gouvernement ; si le gouvernement à son tour s’est maintenu à l’abri de tout ébranlement, c’est qu’il a cherché son appui dans les institutions et dans les sentimens sympathiques de la nation. ”
Henri Pirenne,
Histoire de Belgique
“ Le 4 octobre, le Gouvernement provisoire déclarait solennellement que « les provinces de la Belgique, violemment détachées de la Hollande, constituent un État indépendant ». Il avait le droit de parler au nom de la nation, car « l’assentiment du peuple avait confirmé son mandat ». La révolution ne pouvait, sans se désavouer elle-même, désavouer les hommes qui, au moment décisif, en avaient pris la direction. ”
Henri Pirenne,
Histoire de Belgique
“ Car sous leurs noms antiques, les provinces ne sont que des départements, comme les gouverneurs, des préfets. Mais les mots, en politique, ont la valeur d’un programme et les transformations du langage indiquent une transformation de l’esprit. En reprenant pour l’opposer au vocabulaire de la République et de l’Empire, le vocabulaire historique et national, le gouvernement, tout en conservant l’administration française, indique nettement sa volonté d’élever entre les Pays-Bas et la France, en même temps qu’une barrière militaire, une barrière morale. ”
Alexandre Thomas, Revue des Deux Mondes
“ Ce sont là les sentimens qui remplissent tous les cœurs en Belgique, et il suffit de connaître un peu le pays pour être sûr que l’immense majorité de la population se rallie du fond de l’ame à ces belles paroles de l’adresse des représentans : « L’avenir nous cache peut-être de grandes difficultés ; mais il n’en est pas que ne puisse vaincre un peuple uni dans un même amour pour son indépendance et appuyé sur une dynastie populaire. Votre dynastie, sire, quoique jeune encore, a jeté, par le bien qu’elle a fait, des racines profondes et indestructibles dans le cœur de la nation belge. » ”
Louis de Potter,
Revue des Deux Mondes
“ La nécessité d’un gouvernement quelconque justifiait sa mission, l’assentiment du peuple confirma son mandat. Tout était à faire, tout était à créer : il fallait réorganiser l’administration intérieure, le pouvoir judiciaire, les finances, l’armée, et cette garde citoyenne sur laquelle désormais s’appuieront les empires modernes. C’est à vous, Messieurs, c’est à la nation à juger si, avec le peu de moyens qui étaient à notre disposition, nous avons réussi à préparer pour la Belgique un avenir de force et de prospérité. ”
Jean-Baptiste Duvergier,
De la forme actuelle du gouvernement en France…
(1869)
“ Nous en avons la profonde conviction, dit l'auteur, c'est parce que la Belgique est un petit peuple, parce qu'elle n'a ni précédents ni traditions comme État souverain, parce que le sentiment dominant en elle est celui de la nationalité vers laquelle elle aspire depuis deux siècles, parce que la liberté elle-même y est plus municipale que politique, qu'il était moins difficile, selon nous, d'y fonder un régime constitutionnel qu'un gouvernement d'autorité. ”
Louis Blanc,
Histoire de dix ans : 1830-1840…
“ Privée tout-à-coup des riches débouchés que lui fournissaient les colonies hollandaises, la Belgique ne pouvait se donner à la France, sans que la France se donnât à la Belgique. La réunion des deux pays n’avait rien du caractère d’une conquête, et n’aurait fait, en décuplant leur puissance, que sceller entr’eux un noble pacte de fraternité. Il fallait, d’ailleurs, un gouvernement à la Belgique déclarée indépendant. Nouvelle source de difficultés. Car, république, l’Europe pesait sur elle et l’écrasait ; monarchie, la diplomatie l’asservissait, en lui imposant un roi. ”
Henri Pirenne,
Histoire de Belgique
“ On disait encore la Belgique comme on disait la Champagne ou la Bourgogne : le mot perdait sa signification nationale pour ne plus être qu’une expression géographique. En transformant les Belges en citoyens français, le décret du 1er octobre les dotait de tous les droits politiques de ceux-ci. Mais versés dans un peuple de trente millions d’hommes, quelle action seraient-ils à même d’exercer sur le gouvernement et sur la législation ? Minorité perpétuelle, ils ne pourraient que les subir sans qu’il leur fût même loisible de protester puisqu’ils seraient censés y collaborer. ”
Eugène Baie, La Leçon des morts, écrite à l'intention des Belges… (1918)
“ Au plus fort de nos guerres religieuses, déjà quelques membres des États Généraux s'efforcent, au xvi° siècle, de joindre en un viril hymen la Belgique à la Principauté. L'idée, embryonnaire, se cristallise à la longue. Deux siècles plus tard, les proscrits belges et liégeois, les Vonckistes et les Chiroux, méditent à Paris de faire de Liège et des Pays-Bas un nouvel État, une démocratie représentative, une République belge où deux Chambres exerceraient le pouvoir législatif. Préface brillante à l'oeuvre de la Révolution ! Un même idéal oriente les forces éparses, les concentre et les noue. ”
Louis Blanc,
Histoire de dix ans/Tome 2
“ Et pour faire face aux dangers de cette situation, il n’y avait qu’un gouvernement qui s’était créé lui-même, gouvernement d’hommes nouveaux que sa nécessité rendait possible, non populaire, et qui était sans force parce qu’il était sans prestige. Ainsi, tout semblait inviter la Belgique à devenir française. Il y allait des plus chers intérêts de la France, et ce dénouement était inévitable, si pour l’empêcher, le cabinet du Palais-Royal n’eût déployé une activité sans égale. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Tels sont les procédés de la Belgique envers nous, et telle est la latitude que lui a laissée l’imprévoyante diplomatie de notre gouvernement. Sans doute, la Belgique a droit à tous les ménagemens de la France : son existence est une conquête de notre révolution de 1830, et nous devons faire tous nos efforts pour conserver cette belle conquête, au prix même de quelques sacrifices ; mais pouvons-nous donner à la Belgique des avantages sans mesure, lui livrer une des principales branches de notre industrie, et n’attendre d’elle, en retour, que les témoignages de son ingratitude ? ”
Collectif, Biographie nationale de Belgique
“ Ce fut dans ces circonstances critiques que le général comte Belliard fut accrédité à Bruxelles ; sa mission avait pour but de maintenir la paix si essentielle dans l’intérêt du nouvel État comme dans l’intérêt de l’Europe ; de convaincre le gouvernement que l’admission de la Belgique dans la grande famille des États européens, si elle lui créait des droits dont elle pouvait, à juste titre, se montrer jalouse, lui avait imposé, en même temps, des obligations qu’elle ne pouvait méconnaître sans injustice ni sans danger. ”
Henri Pirenne,
Histoire de Belgique
“ Dès 1814, elle était rentrée en vigueur, et la Loi fondamentale avait eu soin de la confier, pour en mieux garantir l’existence, au pouvoir personnel du roi. L’idée d’en étendre le bienfait à la Belgique s’imposait donc d’autant plus irrésistible à son gouvernement, qu’en la transportant aux provinces du Sud, il obtenait le double avantage d’y soumettre l’enseignement à son autorité, et de le faire servir en même temps à l’amalgame intime des deux parties du royaume. ”
Léon Faucher,
Revue des Deux Mondes
“ Les hommes qui dirigent les intérêts de la Belgique ont pris au sérieux sa constitution ; ils veulent l’indépendance de leur pays avant sa richesse, et, comme ils le sentent faible, ils sont inquiets et ombrageux. Les services que leur a rendus et que leur rend encore le gouvernement français, ne les rassurent que médiocrement quand ils songent à notre puissance. Ils craignent que les deux peuples, après avoir associé leurs intérêts matériels, ne soient tentés d’unir leurs intérêts politiques ; que la France insiste trop et que la Belgique ne résiste pas assez. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Il nous suffira de dire que la question est à nos yeux beaucoup moins industrielle que politique. Sous le rapport commercial, le traité belge, qui n’a encore qu’une durée de trois ans, n’a produit aucun résultat bien remarquable. Sous le rapport politique, c’est un acheminement vers la réalisation d’une pensée grande et féconde, que le ministère actuel avait conçue, mais devant laquelle un obstacle parlementaire l’a fait reculer. Tout moyen de rapprochement entre la France, et la Belgique doit être favorisé dans l’intérêt de notre dynastie et de notre révolution. ”
Henri Pirenne,
Histoire de Belgique
“ À cette date, le gouvernement s’est transporté de l’hôtel de ville, où il s’était d’abord installé, dans le palais des États-Généraux et a établi ses services dans les bureaux de l’administration centrale. Avec une rapidité merveilleuse, il institue le régime nouveau. Peu de révocations d’ailleurs, les autorités hollandaises ayant spontanément quitté leurs postes. On se borne à destituer les agents les plus impopulaires, et à introduire à leur place des patriotes, jeunes gens pour la plupart, que signalent leur activité politique ou le rôle qu’ils ont joué dans la presse. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ L’Europe n’a rien à voir aux affaires intérieures de la Belgique ; ce n’est pas à elle d’exclure les représentans des chambres belges. Tant que le roi de Hollande n’avait pas accédé au traité, l’abandon provisoire de ces provinces à la Belgique lui permettait de les administrer comme elle l’entendait. La Belgique elle-même, qui a eu autrefois ses représentans dans nos assemblées, n’a pas moins été séparée depuis de la France. De tels actes n’ont aucune valeur politique extérieure, et c’est d’une question extérieure qu’il s’agit ici pour la Belgique. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Au point de vue politique, la question est bien plus grave. Un ministre belge, qui croit étendre son influence en multipliant ses relations, peut bien imaginer que la Belgique est destinée à former des alliances plus ou moins étroites avec tous les états voisins ”
Charles Hugo-Amber, La Constitution de l'Avenir, précédée de réflexions républicaines sur la Constitution et d'une dédicace au czar Nicolas… (1848)
“ Les Belges, depuis longtemps favorablement disposés pour la république, prouvent que les peuples ont besoin d'être mûrs pour former une république, toute simple et naturelle que soit cette forme du corps social, et à cause de cette simplicité même, pour la pouvoir facilement et naturellement gouverner, de sorte que chaque individu puisse prendre part au gouvernement ; ce qui suppose dès-lors une préparation suffisante des forces individuelles aux qualités du citoyen. ”
