“ Je me figurais encore la plus sainte des amantes et la plus amante des saintes Thérèse d'Avila, au moment où son cœur, chastement embrasé, s'écrie : " Soyons fidèle à Celui qui ne peut nous être infidèle ! ”
Thérèse d'Avila
Définition et enjeux
Citations sur “Thérèse d'Avila”
Emile Baumann, Le Cantique éternel. Amour et Sagesse… (1934)
“ Saint François, « le fol du Seigneur », nous est apparu, même humainement, comme un maître prudent et sage. Thérèse d'Avila, parce qu'elle est une femme, exprime à un degré peut-être plus extraordinaire l'harmonie de l'amour divin exalté jusqu'au perpétuel transport et d'une sagesse très positive, nuancée, voire minutieuse. Aucune sainte moderne n'est aussi proche de nous. Ayant dû raconter sa vie et ses œuvres, elle permet, sans l'avoir voulu, l'accès de son âme. La hauteur de sa vertu nous défendrait de lever les yeux sur elle ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même… (1857)
“ Car, quoique l'âme l'entraîne après elle, avec un indicible plaisir quand il ne résiste point, le sentiment ne se perd pas ; pour moi, du moins, je le conservais de telle sorte, que je ne pouvais voir que j'étais élevée de terre. A la vue de cette Majesté qui déploie ainsi sa puissance, on demeure glacé d'effroi, les cheveux se dressent sur la tête, et l'on se sent pénétré d'une très-vive crainte d'offenser un Dieu si grand. Mais cette crainte est mêlée d'un très-ardent amour ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même (1839)
“ On me donna durant ce temps le sacrement de l'extrême-onction ; on eroyait à tous momens que j'allais rendre l'esprit : on me récitait le Credo, comme si j'eusse été en état de pouvoir l'entendre ; et l'on doutait si peu que je ne fusse morte, que lorsque je revins à moi, je trouvai sur mes yeux de la cire de la bougie que l'on avait présentée pour voir si j'étais passée. Dans la douleur qu'avait mon père de m'avoir empêchée de me confesser, il poussait des cris jusques au ciel, il adressait ses prières à Dieu, et je ne saurais trop louer son infinie bonté d'avoir daigné les entendre. ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même… (1857)
“ Pour consoler Jeanne de Ahumada, Dieu lui donna une fille qui devait être un des plus beaux ornements du Carmel. Elle porta dans le siècle le nom de Béatrix de Ahumada , qu'elle échangea contre celui de Béatrix de Jésus, le jour de sa profession. Térèse l'aimait beaucoup; une lumière surnaturelle lui avait fait connaître ce que serait un jour cet enfant de bénédiction. Elle unit ses soins à ceux de sa mère, pour qu'elle répondît aux desseins de Dieu sur elle. Grâce à une culture si intelligente et si sainte, la piété germa dans cette âme, et y jeta de profondes racines. ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même (1839)
“ J'ai été transportée de joie quand j'ai su qu'Avila n'était point mort ; comme c'est un homme de bien, Dieu lui a fait la grâce de tomber malade dans un lieu où l'on a bien eu soin de lui durant toute sa maladie. Je ne m'étonne pas de votre ennui ; mais je suis fort surprise qu'ayant un si grand désir de servir Dieu, une croix si légère vous paraisse pourtant si pesante; peut-être direz-vous que vous voudriez qu'elle pesât moins, afin de mieux servir Dieu. ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même… (1857)
“ Térèse emportant l'enfant veut s'éloigner pour tempérer l'affliction de la mère; mais celle-ci trouvant uneforce surhumaine dans la pensée que son fils est devant Dieu,, dit à sa sœur : « Ne vous en allez pas ; je vois bien que mon petit Joseph a cessé de vivre. » La sainte, encore ravie de ce qu'elle vient de contempler, lui répond avec un visage riant : « Oh! qu'il y a de quoi louer Dieu, quand on voit quelle multitude d'anges viennent recueillir l'âme d'un de ces petits enfants qui leur ressemblent! » C'était cette scène céleste qui venait de frapper les regards de Térèse. ”
Émile Occre, L'âme de Ste Thérèse : discours prononcé au Carmel de St-Omer… (1900)
“ A la même époque que Thérèse d'Avila, vivait un homme, qui, lui aussi, avait reçu du ciel et de la nature des dons magnifiques : une imagination vive, une intelligence d'élite, une ardente sensibilité, tout ce qu'il faut pour diriger les peuples. Il dirigea les peuples, en effet, mais ce fut sur le chemin de leur perdition, parce qu'au lieu d'être un génie éclairé par la foi, vivifié par l'amour, Luther (c'était lui) fut un génie sombre, malfaisant, que guidaient la révolte et l'ambition. Chez Thérèse, au contraire, le cœur fut encore plus grand que l'intelligence. ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même… (1857)
“ Elle en demeure dans un saint effroi. Une seule de ces illuminations suffit pour opérer en elle un changement complet. Renonçant à l'affection de toutes les créatures, elle ne saurait plus aimer que ce Dieu qui, sans exiger d'elle aucun concours, la rend capable de si grands biens, lui révèle de si profonds secrets, et lui prodigue les témoignages d'un amour si tendre, que de semblables grâces ne se peuvent écrire. Quelques-unes de ces faveurs sont si admirables, qu'à moins d'avoir une foi très-vive, on ne pourrait croire que Notre-Seigneuries accorde à une personne qui les a si peu méritées ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même (1839)
“ Je ne pouvais néanmoins changer d'opinion ; quelques efforts que je fisse, et j'en ressentis beaucoup de peine, jusqu'à ce que des personnes savantes, et particulièrement le père Pierre d'Alcantara, me dirent que je devais mettre mon esprit en repos. Je vois bien qu'encore que Dieu me fasse autant de grâces qu'à plusieurs bonnes âmes, je n'ai pas commencé à le servir, et que je suis imparfaite en tout, si ce n'est dans les désirs qu'il me donne, et dans l'amour pour lui, dont il lui plaît de me favoriser ; car il me semble que je l'aime ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même (1839)
“ Ainsi il me paraît que je ne vis que pour manger, pour dormir, pour être insensible à tout ; ce qui ne m'est pas une petite peine, et me fait appréhender d'être dans l'illusion. Je ne puis néanmoins le croire, parce que, selon tout ce qui me parait, l'amour des créatures ne règne point dans mon cœur, et que je ne sens d'attachement pour aucune, pas même pour toute la gloire du ciel. Tout mon désir est de voir Dieu, et que toutes les créatures lui obéissent ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même (1839)
“ Il s'éloigne et s'approche de nous, et élève notre âme au dessus d'elle-même, selon qu'il juge nous être le plus utile. Tous nos efforts sont vains sans son assistance, et nous n'avons qu'à le laisser faire. Il se plaît à voir une âme prendre avec tant d'humilité son fils pour médiateur auprès de lui que, lorsqu'il veut l'élever à un haut degré de contemplation, elle s'en reconnaisse si indigne, qu'elle lui dise avec saint Pierre : Retirez-vous de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. Je l'ai éprouvé, et ce fut la conduite que Dieu a tenue envers moi. D'autres prendront un autre chemin ”
Victor Fournel,
Vacances d'un journaliste. Huit jours dans les Vosges…
(1876)
“ Avila est la patrie de sainte Thérèse , cette sœur divine des poëtes terrestres du Romancero . Il y a dans le génie espagnol un fond d' ascétisme ardent , une chasteté , un élan vers l' héroïque et vers l' idéal , dont sainte Thérèse semble avoir pris la quintessence et la flamme pour en composer ses écrits . ”
Saint de Lisieux Thérèse, Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face
“ Cet Esprit de vérité n'avait-il pas déjà fait écrire à la grande Thérèse d'Avila:«Avec une humble et sainte présomption, que les âmes arrivées à l'union divine se tiennent en haute estime, qu'elles aient sans cesse devant les yeux le souvenir des bienfaits reçus et se gardent bien de croire faire acte a humilité en ne reconnaissant pas les grâces de Dieu. N'est-il pas clair qu'un souvenir fidèle des bienfaits augmente l'amour envers le bienfaiteur? Comment celui qui ignore les richesses dont il est possesseur pourra-t-il en faire part et les distribuer avec libéralité?» ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même (1839)
“ La mère Thérèse de Jésus était également enflammée de l'amour de Dieu ; c'est pour l'amour de Dieu que cette Sainte a constamment travaillé, qu'elle a souffert tant de persécutions, et supporté tant de maladies. Elle n'aspirait qu'au moment de rejoindre son Dieu sauveur. Toutes les fois que l'horloge sonnait, elle s'en réjouissait, en pensant qu'elle se rapprochait davantage de l'heure de sa mort : Je demande, disait-elle à ses sœurs , que Dieu me délivre à jamais de tout mal. Quel bien trouvons-nous sur cette terre, puisque nous sommes privées du plus grand de tous les biens? ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même (1839)
“ Ah ! mon frère, nous ne nous connaissons pas nous-mêmes, il y a dans tous ces désirs un peu d'amour-propre; cette envie de changer de croix est un effet de l'âge, tout le monde n'a pas tant d'exactitude que vous ; rendez grâces à Dieu seulement que vous ne soyez sujet qu'à ces inconstances. Je resterai tout au plus trois ou quatre jours à Médine, et environ huit jours à Albe, de là je me rendrai à Salamanque; vous verrez dans la lettre que j'ai reçue de Médine, le rétablissement de la prieure en sa charge, dont j'ai ressenti beaucoup de joie ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse, fondatrice des carmélites déchaussées… (1846)
“ Si la vie de sainte Thérèse fait les délices des âmes pieuses, c'est que tout y respire l'amour divin, et que tout y porte l'empreinte d'une âme pure et tendre, dont l'énergie étonne, et dont les charmes intéressent. Sainte Thérèse naquit à Avila, dans l'ancienne Castille, le 28 mars 1515. Son père, Alphonse Sanchez de Cepède, était un de ces bons gentilshommes du pays, et sa mère , Béatrix d'Ahumade, appartenait aussi à une famille distinguée. Alphonse avait déjà eu trois enfants d'un premier mariage ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même (1839)
“ J'avoue que ce n'est pas moi, puisque je suis si imparfaite et si misérable: mais il ne nous traite pas à la rigueur comme font les hommes ; il connaît notre faiblesse, et les ames qui sont arrivées jusqu'à l'état que j'ai dit ne peuvent, comme auparavant, ignorer le véritable amour qu'elles lui portent. Elles ne comprennent pas seulement combien grand est cet amour ; elles le sentent par le violent transport que leur donne le désir de voir Dieu, comme je le dirai dans la suite si je ne l'ai pas déjà dit ”
Maurice Paléologue,
Les Lettres d’amour de la religieuse portugaise
“ Je croirais plutôt que les exercices réguliers de la vie religieuse ne firent d’abord qu’entretenir sa flamme, — que sa passion grandit encore, — qu’elle se consuma jusqu’aux cendres, et que, près de s’éteindre, elle se ralluma sous la forme d’un autre amour, éternel, infini, — de l’amour qui ravissait sainte Thérèse d’Avila en de sublimes extases. ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse, fondatrice des carmélites déchaussées… (1846)
“ Ainsi s'exprimait cette grande âme ; encore toute énergique qu'est son style , rendil bien faiblement la vivacité , les élans de son amour. Thérèse n'était pas une de ces dévotes sombres et chagrines , dont le seul aspect glace le cœur et dégoûterait presque de la vertu. Au contraire, elle était d'une gaieté charmante : son visage respirait toujours cette douce sérénité qui prévient et qui attire. Elle ne cesse d'exhorter les autres à cette gaieté douce et constante ; elle veut que l'on marche toujours avec joie et tranquillité dans le chemin de l'oraison. ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même… (1857)
“ «Courage, mes frères, ne dégénérons pas des hautes pensées des enfants de Dieu. » Ces paroles, si dignes d'un parent de Térèse et d'un disciple de Balthasar Alvarez. entlamment les athlètes de Jésus-Christ d'une sainte ardeur; ils sont invincibles au milieu des tortures, et meurent avec bonheur pour celui qui est mort pour eux sur la croix. Revenue de son extase, Térèse se hâte de partager ses joies avec le P. Balthasar Alvarez, en lui faisant connaître les combats et la victoire de ces quarantes martyrs qu'elle a vus monter au ciel. ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même (1847)
“ On ne passa jamais d'un grand repos à de plus grandes peines, car au lieu que j'étais chez cette dame dans toute la tranquillité et avec toutes les consolations que je pouvais désirer, et que rien ne m'empêchait d'employer plusieurs heures à l'oraison, je voyais que j'allais me jeter comme dans un feu, puisque Dieu m'avait prédit que je trouverais de grandes croix, quoique je ne me les fusse jamais imaginées si pesantes. Je partais néanmoins contente, et brûlais d'impatience d'entrer dans ce combat où Dieu m'engageait, parce qu'il soutenait ma faiblesse et relevait mon courage. ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même… (1857)
“ Elle aida beaucoup sainte Térèse dans la fondation des autres monastères, participant par ce concours à tout le bien que ferait dans l'Église, jusqu'à la fin du monde, cette réforme du Carmel dont la vierge d'Avila venait de jeter les fondements. Dieu voulut montrer dans cette noble veuve le type parfait de l'affection et du dévouement envers sainte Térèse et ses filles. Depuis trois siècles, des âmes d'élite n'ont cessé d'ambitionner le même bonheur et la même gloire. ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même… (1857)
“ Mon dessein, en rapportant ces particularités, est de faire voir combien soulfre une âme, lorsqu'elle manque dans ces voies spirituelles d'un maître qui en ait une connaissance expérimentale. Si Dieu ne m'eût soutenue par tant de faveurs, je ne sais ce que je serais devenue; car mes angoisses étaient assez fortes pour me faire perdre l'esprit. Je me trouvais quelquefois dans une telle extrémité, que tout ce que je pouvais faire était de lever les yeux au ciel. Pauvre femme, imparfaite, faible, craintive , je me voyais condamnée par les gens de bien. ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même (1847)
“ Personne ne s'apperçut de celle qui se passait dans mon cœur; tout le monde croyait au contraire que ma détermination me causait une grande joie. Je ne saurais exprimer celle que je ressentis alors en prenant ce saint habit, elle a toujours continué jusqu'à cette heure. Dieu changea en une grande tendresse la sécheresse de mon âme : tout dans la vie de religion me devint agréable : Je balayais quelquefois la maison dans les heures que je donnais auparavant aux divertissements et à la vanité ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même… (1857)
“ En 1587, à la vingthuitième année de sa vie, et cinq ans après la mort de sainte Térèse, Gonzalve, près de recevoir la palme, purifie une dernière fois son âme par une confession générale, et reçoit avec une foi et une piété ravissantes les sacrements de l'Église. Dès ce moment, il ne cesse de s'entretenir doucement avec son Dieu ; il parle du ciel aux gentilshommes agenouillés autour de sa couche , et les avertit du néant des choses humaines. Il se plaint que la mort est trop lente à venir, non qu'il aspire à être affranchi de ses souffrances, mais parce qu'il brûle du désir de voir Dieu. ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même… (1857)
“ Si j'avais eu une foi plus vive, la paix de mon âme n'en aurait pas été troublée. Mais hélas ! il suffit d'un léger manquement à une vertu, pour rendre toutes les autres languissantes et comme endormies. C'est pourquoi j'éprouvai une très-grande peine pendant les deux jours où l'on tint en ville ces assemblées. Mais au plus fort de ma douleur, le divin Maître me dit : « Ne sais-tu pas que je suis tout-puissant? que crains-tu ? » Et il m'assura que le monastère ne serait pas détruit. Ainsi, je demeurai très-consolée. ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même (1839)
“ Sur quoi il faut remarquer que toutes les fois que je dis : J'entendis cela, ou, notre Seigneur me dit ceci, je ferais un très-grand scrupule d'y ajouter ou d'en retrancher une seule syllabe. Mais lorsque je ne me souviens pas précisément de ce qu'il m'a dit, je parle comme de moi-même, parce qu'il peut y avoir quelque chose du mien ; quoique dans la vérité il n'y a rien de bon que je doive appeler mien, puisque j'en suis redevable à la seule bonté de Dieu, sans l'avoir pu mériter : j'appelle donc mien ce qui ne m'a pas été révélé. ”
Thérèse d'Avila, Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même… (1857)
“ Cette même année, saint Pierre d'Alcanfara, presque au terme de sa carrière, approuve l'esprit de Térèse et la direction de son confesseur. L'approbation de ces deux hommes de Dieu lui donne un nouveau courage. Les faveurs célestes se multiplient. Elle se sent pressée de faire quelque chose de grand pour Dieu. Balthasar Alvarez la juge assez forte pour se lier par le vœu d'accomplir en tout ce qu'elle reconnaîtra être le plus parfait, et en 1560, à l'âge de quarante - cinq ans, elle s'impose cette chaîne, la plus héroïque que puisse inventer son amour. ”
