Alain René Le Sage, Le diable boiteux, tome II
“ Mendoce, interrompit la dame, vous faites injure à mon affliction; je ne me consolerai jamais de vous avoir perdu; quand même j'épouserais votre ami, ce ne serait que pour unir nos douleurs; votre amour, votre amitié, vos infortunes, feraient tout notre entretien.—C'en est trop, Madame, répliqua don Fadrique; je ne mérite pas que vous me regrettiez si longtemps: souffrez, je vous en conjure, que Zarate vous épouse, après qu'il vous aura vengée d'Alvaro Ponce.—Don Alvar n'est plus, dit la veuve de Cifuentes; le même jour qu'il m'enleva, il fut tué par le corsaire qui me prit. ”
