“ Que j’aime à voir ici le vaisseau le Tourville, Qui sut dans ses vieux ans se rendre encore utile, En formant dans son sein tant d’habiles marins, Dont plusieurs ont rempli de glorieux destins ! Le nom de ce vaisseau me rappelle un grand homme, Que dans notre patrie avec amour on nomme, Et dont le sort, un jour, a trahi les desseins, En venant arracher la victoire à ses mains. La France à sa mémoire a décerné l’hommage Que méritait d’avoir son âme grande et sage : Le ciseau du génie a reproduit les traits Du mortel dont ma muse admire les hauts faits. ”
Honoré Dumont
Élements biographiques
Honoré Dumont (1781-1900), poète français, se distingue par une œuvre marquée par le culte de la vertu et la glorification de figures historiques. Ses textes majeurs, Éloge de Malesherbes et Brest, célèbrent à la fois la grandeur des esprits éclairés et la force navale de la France.
Dans le premier, il compose un panégyrique lyrique en l'honneur de Malesherbes, symbole de dévouement et de sacrifice, tandis que Brest rend hommage aux vaisseaux et aux marins, considérés comme des piliers de la patrie. Son style, à la fois élevé et émouvant, combine réflexion morale et patriotisme, illustré par des vers comme « Le nom de ce vaisseau me rappelle un grand homme » ou « Pour le bonheur public un beau zèle l’enflamme ».
Citations de Honoré Dumont
Honoré Dumont, Éloge de Malesherbes
“ Ils craignent d’échouer dans la plus noble tâche Qu’un zèle ardent me porte à suivre sans relâche. Encourage, ô Vertu, mes timides efforts, Épure mon langage, ennoblis mes transports. Toi, Malesherbes, vois du céleste empyrée, Qu’ici-bas ta belle ame est par-tout révérée. L’Europe se prosterne au pied du monument Qui veut éterniser le plus beau dévoûment. Qu’il soit digne de toi cet édifice illustre Qui reçoit de ton cœur le plus éclatant lustre. Chacun par son amour, ah ! voudrait l’adorer, Chacun, par son tribut, s’offre à le décorer. ”
Honoré Dumont, Éloge de Malesherbes
“ Et vient nous engloutir au sein de la poussière. Malesherbes reçois du haut du firmament Le culte que l’on doit à ton grand dévoûment. Assis près de ton Roi, dans la céleste voûte, Tu prends part à nos vœux, ta vertu les écoute, Et tu vois replacé sur le trône des lis Un digne rejeton du sang de Saint-Louis. Il nous a tout donné ce que voulait ton ame ; Pour le bonheur public un beau zèle l’enflamme. ”
