Paul Ustéri et Eugène Ritter

Élements biographiques

Paul Ustéri et Eugène Ritter Revue des Deux Mondes

Ah ! l’Angleterre ! ils m’en ont ôté mon aimable, mon excellent ami ! Depuis la Révolution, voilà pour moi le plus grand des malheurs. En partant, il n’est pas un seul intérêt de ses amis dont il ne se soit tendrement occupé. C’est un caractère méconnu ; mais son esprit si orné, si charmant, est moins supérieur encore. Je ne sais rien qui me décidât à ne plus le revoir ; et peut-être d’autres raisons bientôt me forceront à le chercher. Je commence à détester l’Europe, et mon dernier essai pour mes amis sera Zurich.
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Paul Ustéri et Eugène Ritter Revue des Deux Mondes

Voilà qui montre que Meister avait le don de plaire. Cinquante ans auparavant, quand il s’était présenté à Jean-Jacques Rousseau, sa jeunesse avait été bien accueillie du philosophe misanthrope ; et, devenu vieux, il n’avait pas perdu, on le voit, le charme qui distinguait sa personne.
La plus belle vieillesse arrive un jour à sa fin. Dans le cours de sa quatre-vingt-troisième année, Meister mourut frappé d’un coup d’apoplexie, le 10 novembre 1826. Il avait quitté Paris depuis plus de trente ans, et sa mort n’y fit pas de bruit : il était oublié.
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Paul Ustéri et Eugène Ritter Revue des Deux Mondes

« Elle vit à Paris, écrivait Moultou, dans une société charmante ; il y a beaucoup de gens de lettres dans sa maison. La place dont je vous parle est celle qu’avait Mlle Curchod. (On sait que celle-ci venait d’épouser M. Necker.) Que savez-vous si, à Paris, la fortune ne vous ouvrira pas une carrière plus brillante ? » — Ce pressentiment était juste, et toutes les perspectives qui s’ouvraient étaient riantes. Néanmoins une année entière se passa en pourparlers, en hésitations ; c’est seulement au mois de mai 1766 qu’Henri Meister arriva à Paris.
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