Résumé

A Sicard Revue des Deux Mondes

Un grand nombre sont infirmes et n’ont de forces que ce que leur en donne le zèle d’une règle qu’elles aiment et qu’elles chérissent. Et où irons-nous donc ? où iront ces pauvres Carmélites qui ont vieilli sous le joug de la sainte religion ; que feront-elles dans ce monde dont elles ne savent plus ni les usages, ni les manières, ni le langage ? Ayez pitié de nos cheveux blancs, de nos infirmités, de notre sexe et de notre cruelle position. Nous nous jetons toutes à vos pieds, nous réclamons votre humanité, et nous vous invoquons avec confiance comme nos protecteurs et nos pères.
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A Sicard Revue des Deux Mondes

Aujourd’hui, comme autrefois, le monde s’étonne de ces existences mystérieuses qui se déroulent dans le cloître, en dehors des lois communes, et paraissent trouver le bonheur en l’absence de tout bonheur. On ignore trop ce que peuvent, après une première décision prise, l’exemple, la règle, la distribution d’une journée tout orientée vers le ciel, bientôt l’habitude, pour affermir une vocation, pour acclimater une âme dans la solitude, pour l’y tenir en haleine par l’entraînement incessant des exercices de piété.
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A Sicard Revue des Deux Mondes

L’éducation, voilà la grande mission qu’on peut surtout, en 1789, confier ou plutôt maintenir aux religieuses comme aux religieux. Voilà le grand service qu’elles peuvent rendre à la nation, et qui peut les sauver elles-mêmes. De nos jours, c’est pour avoir été enseignantes que les communautés ont été proscrites par un Etat jaloux de son influence, avide de monopole, impatient de marquer de son empreinte, d’élever d’après son idéal toutes les générations. La Révolution connaîtra ces ambitions.
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