Abbé A. Sicard

Résumé

Abbé A. Sicard Revue des Deux Mondes

Les religieux furent moins fermes, et ce n’est pas sans quelque déception qu’on les voit en majorité accueillir avec joie, parfois avec transport, les décrets qui leur ouvrent la porte du cloître.
Au demeurant, c’est toujours soumettre les hommes à une épreuve que de leur demander s’ils sont contens de leur situation, s’ils sont satisfaits de leur vie, que de les inviter à en changer, à la recommencer sous d’autres auspices, à l’engager dans d’autres voies. Il en est si peu qui puissent se vanter d’avoir rencontré le bonheur, ni même l’emploi de toutes leurs facultés !
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Abbé A. Sicard Revue des Deux Mondes

Nous venons d’entendre du fond des cloîtres un double appel : appel à la liberté de l’homme par l’abolition du triple vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, appel à la liberté du citoyen par la revendication de tous les droits du Français et du patriote. Ce langage, par le ton même et les expressions employées, indique que les sentimens monastiques étaient morts chez ceux qui le tiennent. Ces religieux qui trouvent leur genre de vie oiseuse, inutile aux autres et à eux-mêmes, ont perdu la mentalité qui les avait créés et fait vivre à travers les âges.
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Voilà que les moines morts au monde entendent déjà la voix du monde, qui, passant par-dessus les murailles du cloître, vient leur dire les prodigieux changemens accomplis par la Révolution et les faire tressaillir dans leur solitude. Beaucoup prêtent l’oreille et se laissent emporter dans l’enivrement universel. Ils sont vile montés au diapason de la nation. Ils parlent déjà en citoyens et en citoyens émancipés. Les religieux de l’abbaye de Fontenet écrivent à l’Assemblée nationale :
Nosseigneurs, des solitaires ignorés osent mêler une fleur à la couronne civique que la nation vous décerne.
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