Résumé

Portrait de Abel Hermant Abel Hermant Eddy et Paddy : roman (Nouvelle édition… (1931)

Tout à coup, Eddy murmura d'une voix craintive, comme si elle avait peur de la haute pensée qu'elle exprimait : « Quand on pense, Paddy, que la vie n'est peut-être qu'un rêve ! » Il hocha la tête. « Peut-être », répondit-il.
Mais ayant réfléchi un instant, il reprit : « Qu'entendez-vous par là, Eddy ? » Et il cassa une petite branche. Elle fit, sans répondre, un geste vague, et longtemps après, elle répéta : « Un rêve... »
Source : Gallica

Portrait de Abel Hermant Abel Hermant Eddy et Paddy : roman (Nouvelle édition… (1931)

M. Higginson arrangea que la première escale serait à Guernesey, où l'on demeurerait trois ou quatre jours pour la visite de l'île, et le départ fut fixé au lendemain matin.
Aucune agitation d'impatience ne troubla, durant cette nuit, l'âme limpide d'Eddy et de Paddy. Leur joie, étant absolue, restait toujours pareille à elle-même en sa plénitude : elle n'avait point de moments, elle présentait ce caractère de l'éternité. Ils ne dormirent point sans rêves, mais ils ne rêvèrent point d'images successives et délimitées : ils rêvèrent continuellement une lumière qui emplissait l'espace infini.
Source : Gallica

Portrait de Abel Hermant Abel Hermant Eddy et Paddy : roman (Nouvelle édition… (1931)

Mais aussitôt, d'un geste moins réservé que de coutume, elle saisit la main de son ami, la pressa avec force, avec peur.
Paddy, dit-elle, est-ce que vous songez quelquefois à la mort ?
— Très souvent, répondit-il avec simplicité : maman est morte.
Eddy songea qu'elle aussi, elle était orpheline, et se comprenant tous les deux, ils
se sourirent.
Elle reprit, plus sombre :
— C'est une chose terrible, la mort.
— La mort de ceux que nous aimons, répliqua-t-il, parce qu'alors ils nous quittent et nous avons du chagrin ; mais la mort elle-même est aimable.
Source : Gallica

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