Résumé

Albert Baur Maurice Scève et la Renaissance lyonnaise

C’était une lutte de principe entre le moyen-âge et la Renaissance. Au temps des trouvères on avait réfléchi presque autant sur l’amour qu’à l’époque des humanistes, et on avait voulu en faire un art ou une science. On avait même cherché des arguments dans l’antiquité : la morale décadente de l’Art d’aimer d’Ovide avait exercé une influence prépondérante ; et c’est la même morale que nous trouvons dans les livres les plus répandus en France avant cette époque : dans le Roman de la Rose, dans les vers de Marot et de Saint-Gelais, dont les adversaires de Héroët ont hérité.
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Albert Baur Maurice Scève et la Renaissance lyonnaise

Voilà pourquoi la Renaissance lyonnaise est polie, galante, sans aucune inclination à la gauloiserie du moyen-âge, bien différente de celle du nord de la France qui a fait naître Rabelais et la plupart des humanistes français. Dans l’âme de ceux-ci, l’éveil s’est fait par suite de lectures assidues des auteurs grecs et romains et par l’étude soignée de la jurisprudence et de la médecine. Voilà aussi pourquoi les femmes prennent une part si vive à la vie littéraire de Lyon, beaucoup plus que dans aucune autre ville de la France.
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Par le contact avec la joie et avec l’Italie, ils se préparent à la nouvelle manière de penser et de sentir : à la Renaissance. Et, notons-le bien, cette Renaissance n’est pas venue par des livres ou par une société de savants, par une espèce d’académie ; elle s’est introduite par la vie sociale, par des rapports directs avec des hommes du monde, des banquiers, des marchands, des industriels, et elle s’est développée sous l’influence de l’art et du luxe italiens, dans une société qui s’adonnait à la gaieté et à des fêtes auxquelles les femmes prenaient part.
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