Résumé

Alphonse Grün Récits et pensées : enseignement moral (1851)

Voyez les peupliers de l'avenue et les huissons de la route ; lesquels préférez-vous ? Les peupliers, s'écria-t-on à l'unanimité. Je comprends votre réponse, répliqua le patron, et je m'y attendais; ces peupliers élancés, hauts, d'une forme gracieuse, c'est l'élégance, la grandeur, la richesse ; ces pauvres buissons vous représentent l'humilité, l'obscurité. Mais le peuplier attire la foudre, le vent le brise, et s'il échappe aux tempêtes, il tombe sous la cognée. Le buisson ne craint rien du tonnerre : l'orage le traverse sans le déraciner, et l'homme ne songe pas à l'abattre.
Source : Gallica

Alphonse Grün Récits et pensées : enseignement moral (1851)

Pendant les longues journées, le troupeau et son conducteur restent exposés aux ardeurs du soleil, à la violence des vents, au froid, à la pluie, à l'orage. Le berger supporte toutes les intempéries : la pensée de s'en plaindre ne lui est jamais venue. Son existence lui plaît; libre des soucis de la vie, il marche dans le calme et la méditation. L'ennui lui est inconnu; les grands spectacles de la nature occupent tous ses instants ; il sait les heures par le soleil ; les étoiles de la nuit le dirigent dans sa route : la contemplation des œuvres de Dieu suffit à ses jouissances.
Source : Gallica

Alphonse Grün Récits et pensées : enseignement moral (1851)

L'émouchet, l'un des oiseaux de proie les plus habiles de nos climats, cherche ses victimes parmi les petits oiseaux des champs, naïfs et sans défiance. Ses regards perçants ont bien vite aperçu le malheureux animal dont il médite la perte. Aussitôt il s'élève au dessus de lui et plane sur sa tête en battant des ailes; il approche un peu, et se tient de nouveau en suspens: le petit oiseau, tout étourdi, s'agite avec effroi ; l'ennemi s'abaisse encore et le fascine de l'œil, en même temps qu'il l'épouvante par son cri et le bruit de ses ailes.
Source : Gallica

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