Résumé

Anonyme Le Sylphe galant et observateur

En prononçant ces mots, Zorani est aux genoux de Sophie : sa main téméraire, et faiblement arrêtée, soulève un voile importun, et sa bouche se porte avec ivresse sur l’entrée virginale d’un sanctuaire où les libations d’un brûlant nectar vont bientôt couler en l’honneur de Vénus. Sophie, émue et surprise, ne résiste plus. Son amant, plus passionné, interroge, sollicite en elle tous les organes du plaisir ; sa langue, transformée en trait brûlant, se tourmente, s’agite, et ne tarde point à donner, à sa charmante écolière, la première extâse de volupté.
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Anonyme Le Sylphe galant et observateur

Une jeune personne de seize ans, au plus, frappa tout-à-coup mes yeux, qui ne virent plus qu’elle.
Comme elle est belle, regardez... Quels yeux ! ils brillent déjà des feux du sentiment ; ont-ils exprimé celui de l’amour et de la volupté ? cette bouche, si vermeille, s’est-elle rougie, s’est-elle déjà enflammée par le baiser d’un téméraire amant ? Ô que de charmes ! Ce cou d’albâtre, qu’une coëfure grecque ne dérobe pas à l’œil charmé de le voir ; cette gorge, à moitié voilée, mais dont l’avide regard et l’imagination, plus avide encore, découvrent tout l’aimable contour
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Anonyme Le Sylphe galant et observateur

Sophie échappe, et croyant pouvoir lutter avec plus d’avantage, et défendre mieux ceux de ses charmes déjà attaqués et profanés, se précipite elle-même sur le lit, l’embrasse, s’y tient fortement attachée, et pense échapper ainsi au sort cruel qui lui est destiné. Le masque sourit, s’approche, et, lubriquement excité par l’attitude de sa victime, soulève son dernier voile, celui, comme l’a dit Dorat, que l’hymen seul lève d’une main pure, et met alors à découvert ces charmes que la chûte d’Hébé offrit à l’œil charmé de tous les Dieux.
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