“ Verteuil demeurait toujours étendu sur le plancher et immobilisé par les ficelles du nain. — Bien, Maubèche ! dit Vautrin sans regarder plus longtemps Verteuil qui lançait au jeune homme des regards sanglants. ”
Verteuil
Définition et enjeux
Citations sur “Verteuil”
“ Seulement, il y a que vous avez pris à d’autres... du moins on le dit ! — Vous voulez parler de Saint-Alvère ? fit Verteuil avec une rage contenue. Mais remarquez que cet homme est un imposteur ! — C’est vrai, sourit le nain. Mais faut vous dire que Monsieur de Saint-Alvère a un autre nom. Voyez-vous, il s’imaginait un peu que vous étiez venu en cette capitale de la Nouvelle-France, et pour ne pas éveiller les soupçons d’un certain Monsieur de Verteuil, il prit le nom de sa mère... Vautrin de Saint-Alvère, bien qu’en réalité il s’appelât aussi du nom de son père... ”
“ Verteuil venait de saisir un de ses pistolets et en ajustait froidement le père Turin qui approchait, le gourdin levé. Une ombre humaine franchit tout à coup la porte demeurée ouverte, et une main vigoureuse saisit le poignet de Verteuil. — Tirez ! commanda une voix forte. Le canon du pistolet se trouvait tourné vers le plafond. Philomène pressa ses yeux de ses deux mains, elle croyait faire un rêve... Verteuil regarda l’homme qui maintenait son poignet comme un étau. ”
Georges Du Tressay, Vie de Marie-Rose Brossard, institutrice au Gué-de-Velluire… (1867)
“ Pour tout résumer en quelques mots, j'emprunte à M. de Verteuil les paroles suivantes : « Quoi de plus édifiant que son humilité, son esprit de sacrifice, son angélique piété W Renseignements de MM. Gaignet et Paquier. et toups ses aimables vertus ! La beauté de son âme se reflétait sur sa figure calme et sympathique, et lui formait comme une auréole qui inspirait le respect à ceux qui l'approchaient, même aux plus impies, qui n'osaient pas tenir en sa présence des propos irréligieux. » ”
“ Verteuil ouvrit les yeux. Il distingua vaguement une ombre humaine qui, à l’aide de cordelette, le ficelait avec une belle adresse. — Là ! dit l’homme mystérieux avec une satisfaction manifeste quand il eut terminé sa besogne. ”
“ Sachez que Monsieur de Verteuil a doté sa nièce de cent mille écus ! Sachez que le Lieutenant de Police n’est pas homme à perdre une belle jeune fille aussi bien dotée ! Et sachez encore que le marquis de la Jonquière saura protéger le bonheur et la fortune de son neveu ! Donc, si vous me comprenez bien, ni M. de Verteuil, ni Monsieur de la Jonquière, ni le Lieutenant de Police ne permettront que vous veniez, vous un mendiant, vous un valet, mettre obstacle à un projet si bien édifié et tout à la veille d’être exécuté. M’entendez-vous, père Turin ? Me comprenez-vous, Pierre Nolet ? ”
“ Verteuil éclata d’un long rire. Une deuxième fois il poussa la jeune fille vers les deux mendiants qui demeuraient stupéfaits. Alors, le père Turin, d’une voix méconnaissable, interrogea sa femme : — Où est Constance, pauvre femme ? — Je ne sais pas... bredouilla la femme. Elle est partie ! Philomène revenait vers Verteuil. Elle lui cria, avec un accent de folie : — Arrière !... ce n’est pas mon père... ce n’est pas ma mère ! Oh ! c’est assez de cette terrible comédie !... De nouveau le père Turin fit un bond et tout en rugissant comme une bête blessée. ”
“ Que Monsieur de Verteuil, par exemple, parte en voyage, pendant que nous conduirons une petite enquête pour découvrir l’auteur de cette lettre, connaître la personne qui se plaint d’avoir été dépossédée de ses biens, et savoir quelque chose sur le compte de ce Jacques Marinier. Il faudra du temps, parce qu’il importera de faire faire en France des recherches relatives à l’existence de ce Marinier et sur ses antécédents. Donc, que M. de Verteuil aille faire un voyage là où il voudra... ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
Contes fantastiques
“ Le sort vous a abattu dans la poussière tel qu’un ver venimeux, et ce serait un crime que de vous relever. Allez, et restez ruiné comme vous le méritez. » Le visage caché dans ses deux mains, le vieux Vertua tomba à terre. Le chevalier commanda à son domestique d’emporter la cassette dans sa voiture, puis il s’écria à haute voix : « Quand me remettrez-vous votre maison et vos effets, signor Vertua ! » ”
Marie-Joseph Bidal, Les Vieux Chemins, par Marie-Joseph Bidal… (1900)
“ Les richesses sont parfois ennuyeuses à placer. Aujourd'hui, je suis libre, et je sens que ma place est ici. Et vous ! — Moi!... je vais porter plus loin mes sueurs. Dieu, paraît-il, me destine d'autres champs à défricher. Vous avez la bonne part, Monsieur Vertagnon, puissiez-vous la garder! Tandis que vous combattez à l'ombre les combats du Seigneur, priez pour ceux qui luttent au plus épais de la mêlée ! M. Vertagnon est aujourd'hui novice, lui qui ne songeait pas à être jamais religieux ”
Tallemant des Réaux, Les historiettes de Tallemant des Réaux…
“ LA COMTESSE DE VERTUS. La comtesse de Vertus est fille du marquis de La Varenne-Fouquet, celui de qui madame de Bar disoit: «Il a plus gagné à porter les poulets du Roi mon frère, qu'à larder ceux de sa cuisine;» car il avoit, dit-on, été écuyer de cuisine. Henri IV lui fit du bien; il l'avoit bien servi en ses amours. Cet homme avoit mis sur la porte de sa maison, en Anjou, la statue de Henri IV, et au bas: Il m'a donné l'honneur et les biens. Elle épousa le comte de Vertus, qui est venu d'un frère bâtard de la reine Anne de Bretagne ”
Michel-Eugène Chevreul,
De la baguette divinatoire
“ À en juger par la rapidité du mouvement, l’esprit qui animait le meuble semblait heureux de satisfaire le désir de ces gracieuses personnes, en même temps qu’il semblait sentir la douceur de quatre mains d’une éclatante blancheur avec lesquelles il communiquait, lorsque à une question aussi simple qu’aimable que lui adresse une de ces personnes, il répond par un mot que je ne puis écrire, mais qui était pire qu’aucun de ceux que Ver-Vert recueillit dans son fatal voyage de Nevers à Nantes. ”
“ Immédiatement, nous baptisâmes notre professeur Vert-Vert, et un spirituel loustic de la classe poussa un : As-tu déjeuné, ma petite cocotte ? des plus comiques. Le pauvre Vert-Vert devint plus triste encore que de coutume, et il me sembla bien que deux larmes lui perlèrent aux yeux. Le fameux pardessus nous amusa une grande semaine, et puis, un beau matin, Vert-Vert, sans doute dégoûté de sa pelure, nous arriva simplement vêtu de sa maigre et luisante redingote. ”
José-Maria de Heredia,
Revue des Deux Mondes
“ Hélas ! je ne suis plus qu’un pieu, sans faulx, sans main, Vermoulu, fatigué depuis des jours sans nombre De voir sans fin tourner au soleil ma grande ombre Et de servir de cible aux passans du chemin. Tandis que, loin de Rome, ici je me délabre, Vertumne a sa statue au coin du grand Vélabre. Nul ne m’adore plus. Je suis las d’être Dieu. ”
Paul Verlaine,
Œuvres posthumes
“ Des sottises d’un peuple et des fautes d’un roi. Roi, toujours ce reproche ! et toujours cette injure ! Peuple ! Voilà deux ans que ce supplice dure. Voyons, Roi, qu’est-ce ? Et qu’est-ce, Peuple ? L’homme au fond, L’homme et la vie ainsi que les font et défont L’heure, la place et les événements de l’heure Et de la place, avec Dieu, là-haut, qui demeure, Et c’est l’Egalité, non celle de Simon, Me semble-t-il, à moins pourtant que le démon Ne soit l’égal de Dieu... ”
“ Ainsi la perversité et l’audace de Verrès trouvent dans votre cœur, Hortensius, et dans celui des autres nobles, un plus facile accès que notre vertu et notre probité, à nous tous tant que nous sommes. Vous haïssez le mérite des hommes nouveaux, vous dédaignez leur frugalité, vous méprisez leur pudeur, vous cherchez à étouffer leurs talens et à comprimer leur énergie. ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
Contes fantastiques
(1843)
“ Le vieux Vertua fixa quelque temps le chevalier avec des yeux humides, et sans trouver un seul mot. Enfin, suffoqué par l'émotion, il éclata en sanglots et en gémissements, et, se traînant à genoux devant le chevalier : – « Monsieur, » lui criait-il douloureusement, « s'il vous reste quelque sentiment d'humanité, prenez pitié de ma pauvre enfant ; prêtez lui, pour qu'elle vive, la vingtième partie de ma fortune que le sort a jetée dans vos mains.. » ”
Jean Tousseul,
Aux hommes de bonne volonté
“ Nous glissons, les bois nous servent d’échelons. Et voici que le vertige — ce maudit vertige qui m’immobilisait au flanc des rochers de la Meuse lorsque je les descendais, un sac de poudre sur l’épaule — le vertige me reprend dans le noir. Je n’ai jamais eu peur de mourir, mais j’ai peur de tomber ! La lampe que j’ai attachée au col de ma chemise me chauffe la poitrine et la face. Je sue et, du dos de la main, je me mâchure comme un galibot. Nous descendons ainsi une vingtaine de mètres sur un coude et sur une cuisse. ”
“ Pour que la France enfantât la liberté humaine. iv Ô saints bonhommes de Verdun, vous êtes les mâles durs, L’arbre tendu, le pilon de la volonté en guerre ; Et votre séjour dans la mort est une œuvre d’amour. v La douceur est dans votre cœur, la pitié dans votre sève. ”
Marie-Joseph Bidal, Les Vieux Chemins, par Marie-Joseph Bidal… (1900)
“ Pourtant, comme M. Vertagnon insistait, il se remit : — Ce serait mal à vous, Messieurs, nous dit-il, de tromper un pauvre religieux. — Oh ! vous pouvez parler, lui dis-je à mon tour ; ainsi que vous l'a assuré mon compagnon, vos supérieurs vous permettent de répondre à nos questions. — Alors, je bannis tout scrupule ? — Oui, oui ; parlez. — C'est que je sais, pour l'avoir vu, qu'il y a de ces messieurs qui sont assez peu scrupuleux et qui emploient même la force pour nous faire rompré -le silence. ”
Voltaire,
Correspondance, X (1762-1763)
“ Au surplus, si vous voulez savoir mon tarif, je trouve qu’un philosophe vaut mieux qu’un roi, un roi qu’un ministre, un ministre qu’un intendant, un intendant qu’un conseiller, un conseiller qu’un jésuite, et un jésuite qu’un janséniste ; et qu’un ami comme vous vaut mieux que tout cela pris ensemble. En vérité, on a eu bien de la bonté à Versailles de juger enfin, à force de discernement, que vous n’aviez pas écrit une lettre insolente et absurde ; il est vrai que dans ce pays-là on dit, à toutes les sottises qui se font : C’est la philosophie, comme Crispin dit : C’est votre léthargie [2] . ”
Art Roë,
Revue des Deux Mondes
“ Les zouaves heurtaient affamés aux portes, ou s’asseyaient somnolens sur les bancs; ils voyaient des traînards, que la prévôté n’avait pas encore ramassés, sortir ivres de l’auberge A l’Espérance. Les bruits : qu’on ne se battrait pas, qu’on allait faire la soupe, couraient de bouche en bouche sans que personne pût indiquer leur origine, et l’aumônier, se promenant, se secouant, battant la semelle, mêlait sa robe blanche à ces groupes sombres. — Verthamon est-il ici? demanda-t-il de sa voix douce en frappant à la fenêtre d’une salle qu’il voyait toute pleine de monde. ”
Hippolyte Castille, Les ambitieux. Tome 4 (1852-1853)
“ Matthieu de Vert jeta un regard vers le château dont la masse noire se détachait à peine des nuages accumulés au front de la montagne. Quelques rares lumières brillaient dans les ténèbres aux fenêtres du château. — Mon fils ! murmura pour la seconde fois Matthieu de Vert, pour toi je vais encore risquer ma vie... Mais il faut que je voie et que je sache! A quoi bon vivre d'ailleurs si je n'ai pas atteint le but d'une existence plus terrible que les tortures de l'enfer ! ”
“ Ils ne se battent pas seulement, chacun pour son bourg et son église : Ils se battent pour la ville de tous, pour la ville des villes, pour Paris et pour Pantin ; Ils se battent pour Notre Dame et pour leurs mères, Pour la Reine du monde, chacun, et pour sa chère femme : Ils sont Français : Paris est leur village. xxii La gaîté de Verdun est un cri dans l’orage, Verdun, enfeu des saints, Tartare du pioupiou, petit géant d’un sou, géhenne du fantassin. Ils sont tous un peu là qui nous sauvent le monde ; Et chacun de répondre, quand on s’incline devant lui : Penses-tu ? ”
Charles-Jacob Marchal, L'urne : recueil des travaux (1843)
“ Les œuvres, du reste, si remarquables des Vertot, des Saint-Réai, des Rollin, des Crevier, des Millot, ne sont autre chose que d'irréfutables démonstrations de la thèse que nous soutenons. Loin de nous l'intention de diminuer l'importance des services qu'ils ont rendus a la jeunesse de notre pays. L'ingratitude a leur égard, si elle venait jamais à éclater, serait un déplorable symptôme de l'affaiblissement de toutes les nobles croyances. ”
Eugène Le Roy,
Nicette et Milou
“ Attendons à ce soir, peut-être rencontrerons-nous un brave homme qui nous prêtera. À la nuit, devant les lampions fumeux d’une baraque de lutteurs, Verdil fait connaissance d’un quidam, qui, généreux comme un pochard qu’il est, paie l’entrée aux deux amis. En sortant, pour ne pas être en reste de politesse, Verdil convie l’homme à se rafraîchir et ils vont au café. Lorsque celui-ci est bien « ouillé » jusqu’au cou, Verdil fait le semblant de vouloir payer ; ce que voyant, l’ivrogne se fâche : — Est-ce que vous croyez que je n’ai pas de quoi ? ”
Voltaire,
Correspondance, X (1762-1763)
“ Il y a, dit-on, des personnes à Versailles qui croient ce bel ouvrage de moi, et c’est de Versailles qu’on me l’envoie. Il y a apparemment peu de goût dans ce pays-là ; mais je n’imagine pas qu’on puisse m’attribuer longtemps de si énormes bêtises et de si grandes absurdités. Pour peu qu’on réfléchisse, l’impossibilité saute aux yeux. ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
Contes d'Hoffmann
(1881)
“ Il avait été impitoyable pour le vieil usurier. C'étaient deux vices qui s'entre-déchiraient autour d'une honte égale. L'apparition d'un être pur, sans autre puissance que son désespoir, bouleversa l'âme de l'ancien gentilhomme devenu croupier. – Signor Vertua, s'écria-t-il, j'étais loin de m'attendre à rencontrer près de vous un si parfait chef-d'oeuvre de la création. Rendez grâce à cette belle fille qui a trouvé le défaut de ma cuirasse pour me percer le coeur. ”
Paul Verlaine,
Poèmes saturniens
“ Du lit s’écarte avec respect le matassin, Le médecin du corps, en pareille occurrence, Devant céder la place, Ame, à ton médecin. La figure du Roi, qu’étire la souffrance, À l’approche du fray se rassérène un peu. Tant la religion est grosse d’espérance ! Le moine cette fois ouvrant son œil de feu Tout brillant de pardons mêlés à des reproches, S’arrête, messager des justices de Dieu. — Sinistrement dans l’air du soir tintent les cloches. ”
Charles-Nicolas Gabriel, Étude sur Nicolas Psaulme, évêque et comte de Verdun… (1867)
“ ENFANCE ET JEUNESSE DE NICOLAS PSAULME, SON ÉLÉVATION A L'ÉPISCOPAT. - VERDUN RÉUNI A LA FRANCE. DE 1518 A 1553. Toutes les villes, même les plus humbles, ont leur célébrité, ou bien elles ont été, dans les siècles passés, le théâtre d'évènements dignes de fixer l'attention des siècles suivants, ou bien elles ont donné naissance ou servi de séjour à des hommes illustres dont l'histoire a conservé le nom. Notre ville de Verdun, elle aussi, a eu ses événements, soit glorieux, soit tristes; je voudrais que quelques-uns fussent redits devant vous. Elle aussi a eu ses hommes illustres. ”
Jean-François Regnard,
Le Panthéon populaire illustré…
(1852)
“ Vous la trouveriez au contraire parfaite. Apprenez que ce Vertua, Napolitain de naissance, habitant Paris depuis quinze ans, est le plus vil, le plus sordide, le plus méchant ladre et usurier qui existe. Tout sentiment humain lui est étranger. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
(1877)
“ Il versa des larmes d’attendrissement quand il jeta les yeux sur le tableau de ces calamités, exposé dans la chaire de vérité par de dignes et éloquents ministres de la parole évangélique, présenté dans Versailles à l’âme pure et sensible d’un jeune roi qui en fut ému, et qui, ne se bornant pas à une pitié stérile, donna sur-le-champ des ordres pour arrêter le cours de ces fléaux que son règne doit voir finir. Hélas ! le bien est toujours si difficile, même aux souverains ! ”
Victor Fournel,
Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes…
(1872)
“ « Allons , mon fils, montrez votre talent au public ; votre père vous regarde ! » (Grimm, Correspondance, 1779.) Vestris disait : « Je ne connais aujourd'hui en Europe que trois hommes uniques dans leur espèce : le roi de Prusse, Voltaire et moi (1) . » (Etrennesde Thalie, 1786. ) Quelqu'un disait à Vestris : « Savezvous bien que votre fils vous surpasse? — Je le crois bien, répondit-il, je n'ai pas eu un aussi bon maître que lui. » Un jour la reine eut la fantaisie d'aller à l'Opéra, et de voir Vestris le fils, qui ne devait pas danser ce jour-là. ”
