Résumé

Antoine Sincholle De l'inaliénabilité de la dot mobilière et immobilière en droit romain et en droit français ancien… (1867)

Quelle différence y a-t-il entre le droit de la femme commune sur les biens de la communauté, et celui que M. Troplong, M. Delangle et la Cour de cassation accordent à la femme dotale sur la dot mobilière ?
Il n'y en a pas. Le droit de propriété de la femme est converti en droit de créance : est in credito, suivant l'expression de Dumoulin. La femme n'a l'exercice d'aucune action relative à sa dot ; elle n'a qu'une espérance de restitution en valeur, dans le cas où son mari ne serait pas-insolvable. Voilà le domaine naturel de la femme, tel que la doctrine moderne le comprend.
Source : Gallica

Antoine Sincholle De l'inaliénabilité de la dot mobilière et immobilière en droit romain et en droit français ancien… (1867)

La doctrine du mari procurator repose sur une équivoque manifeste.
Dans la pensée de M. Troplong et de M. Marcadé , le procurator n'est pas autre que le dominus dotis en droit romain, autre que le maître de la dot en droit écrit. De Juin et Serres arrivaient au même résultat en disant : « La loi Julia ne défend au mari que l'aliénation du fonds dotal ; donc elle lui permet celle des créances dotales. » C'est toujours, sous un nom différent, faire subir à la dot le principe de puissance maritale qui est la négation du régime dotal et le fondement de celui de la communauté.
Source : Gallica

Antoine Sincholle De l'inaliénabilité de la dot mobilière et immobilière en droit romain et en droit français ancien… (1867)

D'ailleurs, le testateur qui aliène la chose léguée ne veut plus la donner, et la loi a raison de voir une révocation de la disposition dans le fait de cette aliénation.
Tout cela est vrai et juste, lorsque l'aliénation est l'œuvre du testateur lui-même. Mais ici nous sommes en fficè d'une situation extraordinaire, créée par une doctrine qui ne l'est pas moins. Le droit de disposer des meubles dotaux par testament appartient à la femme, tandis que le droit de les aliéner appartient au mari. Le testament vient du cœur; il est l'œuvre de la conscience intime de l'homme.
Source : Gallica

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