Résumé

Antonin Fabre Fléchier orateur, 1672-1690, étude critique (1886)

Fléchier n'a aucune de ces fortes images, familières à Bossuet; il n'a pas cette haute éloquence qui jette dans l'âme de profondes émotions, ce style enfin, où les expressions sont si neuves et si hardies, que l'orateur paraît moins obéir à la langue que lui imposer ses lois. « En vérité, dit La Harpe, il ne se sert point de la langue des autres hommes; il fait la sienne, il la fait telle qu'il la lui faut, pour la manière de penser et de sentir qui est à lui : expressions, tournures, mouvements, constructions, harmonie, tout lui appartient (1) . »
Source : Gallica

Antonin Fabre Fléchier orateur, 1672-1690, étude critique (1886)

C'est le défaut de la plupart des hommes, et plus encore de ceux qui se piquent d'être spirituels, d'abonder en leur sens, et de trop s'arrêter à leurs propres lumières. On veut être dévot selon son humeur; on veut marcher dans les voies qu'on s'est faites soi-même : tel qui se plaît à l'oraison, se contente de lever ses mains oisives au ciel, et regarde comme une distraction toutes les œuvres d'une charité qui lui paraît tumultueuse ; tel qui s'est destiné à l'action, regarde l'oraison comme un amusement d'esprit, et une oisiveté pieuse de gens qui ne savent être bons que pour eux-mêmes.
Source : Gallica

Antonin Fabre Fléchier orateur, 1672-1690, étude critique (1886)

En vérité, après ce coup de foudre, qui avait éclaté au milieu des réjouissances et des fêtes de Versailles, l'orateur pouvait dire que la vie était un songe, la jeunesse une fumée, la gloire un vain mot; et jamais, peut-être, « ce contempteur superbe de la grandeur et de la gloire (1) » n'écrasa plus fortement l'orgueil de l'homme sous le poids de sa propre misère et de son infirmité.
Le discours de Fléchier est ce que devait être l'éloge d'une princesse, que la mort frappa en pleine jeunesse, mais qui s'éteignit au milieu de sa famille et dans les bras de son époux.
Source : Gallica

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