Résumé

Arago Revue des Deux Mondes

La plus belle découverte du docteur Young, celle qui rendra son nom à jamais impérissable, lui fut suggérée par un objet en apparence bien futile, par ces bulles d’eau savonneuse, si vivement colorées, si légères, qui, à peine échappées du chalumeau de l’écolier, deviennent le jouet des plus imperceptibles courans d’air. Devant un auditoire aussi éclairé, il serait sans doute superflu de remarquer que la difficulté de produire un phénomène, sa rareté, son utilité dans les arts, ne sont pas les indices nécessaires de l’importance qu’il doit avoir dans la science.
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Si, de son vivant, Young eût été placé dans l’alternative d’être le créateur de la doctrine des interférences, en laissant les hiéroglyphes à Champollion, ou de garder les hiéroglyphes, en abandonnant à Hooke l’ingénieuse théorie optique, je ne doute pas qu’il ne se fût empressé de reconnaître les titres de notre illustre compatriote. Au surplus, il lui serait resté, ce que personne ne pourra lui contester, le droit de figurer dans l’histoire de la mémorable découverte des hiéroglyphes, comme Képler, Borelli, Hooke et Wren figurent dans l’histoire de la gravitation universelle.
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L’esprit aventureux de Képler, au contraire, ne se laisse pas ébranler. C’est de la psychologie que part l’attaque, c’est par la psychologie claire, précise, mathématique, qu’il renverse l’objection. Sous la main puissante de ce grand homme, l’œil devient, définitivement, le simple appareil d’optique connu sous le nom de chambre obscure : la rétine est le tableau, le cristallin remplace la lentille vitreuse.
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