Résumé

Arsène Vacherot L’Organisation de l’Assistance publique dans les campagnes

Lorsqu’on dit qu’en élargissant l’assistance publique on augmente le paupérisme, on dit une chose vraie peut-être, mais qui s’applique à tous les genres de bienfaisance, à la bienfaisance privée comme à la bienfaisance publique, et plus encore sans doute à celle-là qu’à celle-ci. N’est-ce pas en effet la charité mal faite, telle qu’elle se pratique dans les grandes villes, alors que celui qui demande surprend si facilement la bonne foi de celui qui donne, n’est-ce pas l’aumône répandue sans discernement qui augmente la mendicité ?
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Arsène Vacherot L’Organisation de l’Assistance publique dans les campagnes

Il n’y a de grands peuples que ceux où les classes inférieures s’élèvent par leur énergie et leur travail. Croit-on qu’il soit indifférent que l’homme conquière son pain de chaque jour ou qu’il le doive à un bureau de bienfaisance ? Les économistes n’enseignent-ils pas qu’il y a dans le premier cas une création, et dans l’autre un simple déplacement de la richesse ? — Si au contraire vous créez partout une bienfaisance publique, si vous ouvrez dans chaque commune un registre pour y inscrire les pauvres, vous verrez se produire une folle concurrence.
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Arsène Vacherot L’Organisation de l’Assistance publique dans les campagnes

Et qu’on ne craigne pas de voir s’arrêter les nobles élans de la charité privée le jour où il y aura partout une assistance publique ! Hélas ! la première sera toujours nécessaire, parce que la seconde sera toujours insuffisante : il y aura place pour toutes deux au foyer du pauvre. Loin de se nuire l’une à l’autre, elles se fortifieront mutuellement, car l’expérience de chaque jour démontre que l’existence d’un bureau de bienfaisance dans une localité est une institution féconde, propre à faire naître l’aumône aussi bien qu’à la distribuer.
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