Arthur Benoît

Résumé

Arthur Benoît Une excursion dans les Vosges… (1860)

Les Vosges attendront quelque temps encore avant que la civilisation ait passé sur elles, comme sur les autres pays, son niveau, qui, sous prétexte de donner l'unité, donne l'uniformité, d'où naquit un jour, il y a longtemps déjà, l'ennui. Les Vosges résisteront à ce broiement et à ce mélange de mœurs, et d'usages ; elles conserveront, au milieu de leurs coutumes rustiques et naïves, celle de la veillée qui rassemble le soir tous les gens que le travail de la journée disperse de côté et d'autre; on y chantera longtemps encore les noëls que l'écho de la vallée a répétés tant de fois
Source : Gallica

Arthur Benoît Une excursion dans les Vosges… (1860)

L'ouvrier des Vosges possède, quelque malheureux qu'il soit, un champ de pommes de terre, une vache ou tout au moins une chèvre : le bois ne lui coûte rien, sa maison est à lui, il ensemence son champ et le récolte : il pétrit son pain, prépare même sa résine. Abri, vivre, éclairage, combustible, il peut tout tirer du fonds qu'il habite : la pauvreté pourra être son apanage, mais jamais il ne connaîtra la misère et son triste cortège.
Source : Gallica

Arthur Benoît Une excursion dans les Vosges… (1860)

Pour les premiers, la misère est trop souvent l'hôte du foyer ; pour les seconds, si elle l'est parfois, c'est un fait exceptionnel. Les uns ont le triste privilége de fournir tout le contingent de ces populations qui naissent et meurent à l'hôpital ; les autres ne connaissent l'hospice que de nom, et meurent entourés des soins de leurs parents et de leurs amis.
Songez que c'est la vie non-seulement de l'ouvrier des Vosges mais de tout paysan ayant un coin de terre, que je vous retrace en ces lignes : songez, par conséquent, que c'est la vie de plus de vingt millions d'habitants.
Source : Gallica

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