Augustine Bulteau

Augustine Bulteau

Résumé

Portrait de Augustine Bulteau Augustine Bulteau Les Histoires amoureuses d’Odile (1900)

Vous m’avez servi à comprendre mon mari : sans vous, j’aurais passé ma vie auprès de lui à le détester. J’ai deviné qu’on pouvait l’aimer en vous voyant l’aimer, et j’ai appris l’amour par la jalousie, la plus féroce jalousie. Si vous saviez comme j’ai souffert quand j’ai cru que vraiment il vous aimait... Et maintenant que je sais que c’est moi, moi qu’il n’a jamais cessé d’adorer, et que vous lui avez servi de chemin vers ma tendresse, j’ai encore le cœur tout tressaillant d’angoisse.
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Portrait de Augustine Bulteau Augustine Bulteau Les Histoires amoureuses d’Odile (1900)

Dès les premiers jours de ma réinstallation après le voyage de noces, Aimée me dit :
— Voyez-vous, avec M. de Montclet, vous n’avez qu’une chose à craindre, c’est le cercle. Il adore flâner dans cet endroit où l’on potine, où sans prendre de peine on échange de l’esprit avec les uns, on goûte le ridicule des autres, et puis — n’allez pas lui répéter cela au moins ! — il est un peu joueur, notre cher Georges, et le jeu, c’est le suprême antagoniste de l’amour, l’émotion en est si aiguë qu’elle dégoûte des autres.
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Portrait de Augustine Bulteau Augustine Bulteau Les Histoires amoureuses d’Odile (1900)

Dans le couloir c’est effrayant, je dois en être tout imprégné.
— Oui, c’est vrai, dis-je en roulant ma tête sur son épaule.
En effet, jusque dans sa barbe, l’agressif et puissant parfum s’acharnait.
Cela me fit une peine — bien ridicule vraiment — qu’il eût sur lui quelque chose qui venait d’une autre, et bien que ma tête fût toujours sur son épaule, il me sembla que nous étions très loin l’un de l’autre, que j’étais toute seule... la pensée de l’amie lointaine me traversa, douloureuse comme un élancement ; presque malgré moi je dis :
— Pauvre Aimée !
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