Champfleury

Champfleury

Résumé

Portrait de Champfleury Champfleury Les excentriques (1852)

Jupille souffla en l'air.
— Je n'ai qu'une peur, dit-il, c'est d'être emporté comme une paille par le vent. Vous, vous êtes un croqueur de viandes, un mâchillonneur d'os ; du poison, monsieur. Vous ne vivrez pas longtemps. Il n'y a pas à dire, vous m'appellerez peut-être fou, et vous ne serez pas le premier, les herbes sont la seule nourriture de l'homme. Tenez, les crieurs des rues ne sont pas les gens bien instruits ; ils ne raisonnent pas. Qui est-ce donc qui les force depuis une éternité à crier : Le cresson, la santé du corps ! Ce n'est pas moi, à coup sûr
Source : Gallica

Portrait de Champfleury Champfleury Les excentriques (1852)

N'étant pas riche, le musicien le raccommoda lui-même ; il n'y avait qu'une mince fissure qui courait le long de la table, près du chevalet à gauche. De simples petits tasseaux minces collés le long de la fente, à l'intérieur, empêchèrent l'instrument de sonner le fêlé.
Au bal qui suivit l'accident, Dubois trouva que son violon avait plus de son que d'habitude. D'abord il crut se tromper, écouta attentivement, pencha son oreille sur la table, et enfin fut confirmé dans son opinion par le modeste alto.
— Vous ne savez donc pas que plus un violon est raccommodé, plus il est meilleur?
Source : Gallica

Portrait de Champfleury Champfleury Les excentriques (1852)

Neveux, qui buvait comme un trou, finit par être dévoré par le vin, suivant un mot populaire. Il mourut en chantant ; le jour de son enterrement, Lamiral sonna lui-même les cloches. Ce fut une belle sonnerie : il sonna comme pour lui. Et non content d'avoir fatigué ses bras en l'honneur du défunt, il prononça sur sa tombe un discours si remarquable qu'on peut l'appeler un discours de première classe : « L'humanité, la reconnaissance, tout nous crie que le cercueil de Neveux doit être arrosé de nos larmes.
Oui, brave ami, à te pleurer ici-bas chacun soulage son cœur. »
Source : Gallica

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