Charles Rouvin

Résumé

Charles Rouvin Poésie de l'art et des lettres (1892)

Tu souris, à l'esprit ayant prêté tes ailes, Qui font briller l'Aurore au plus sombre horizon, Et, soulevant le poids de ses chaînes mortelles, Tu l'aides à franchir les murs de sa prison !
En vain, paralysé, le corps devient difforme; La force avec la vie échappe à ses désirs : L'âme, tenant toujours aux beautés de la forme, Persiste à l'adorer dans ses derniers soupirs.
L'homme est, sans l'Idéal, peu capable et peu digne D'élever sa nature au-dessus du néant ; Mais il n'est pas besoin, pour chanter, d'être un Cygne: La note est plus vibrante au luth de l'impotent.
Source : Gallica

Charles Rouvin Poésie de l'art et des lettres (1892)

Puis, tout à coup en l'air, d'un élan de tes ailes, Tu t'élèves si haut dans l'Olympe éclatant, Qu'il faut à l'Aigle altier emprunter ses prunelles De peur d'être aveuglé par l'astre rayonnant !
On doit louer en toi cette grandeur sereine Qui fixe dans l'esprit l'Impartialité : Si ta tendance fut païenne ou bien chrétienne, Qu'importe ? Dans quel temple est donc la Vérité ?
Pour le sage, au zénith, plane une loi morale, Comme au-dessus des Dieux circule de l'Éther, Et c'est là que l'Art vit, dans la sphère idéale Qui ne connut jamais ni le sang ni le fer.
Source : Gallica

Charles Rouvin Poésie de l'art et des lettres (1892)

La poésie, telle que je la conçois dans certaine mesure, c'est un accompagnement au travail, une consolation au logis, une récréation aux heures de relâche. C'est une musique de l'esprit qui entretient la douceur et la délicatesse, et qu'on cultive en vue d'elle-meme et de soi-même.
(SAINTE-BEUVE.) Par dessus les drapeaux s'étend un seul azur, Un seul éther, un seul espace toujours pur, Et ce ciel bleu qui sans frontière se déploie, C'est l'Idéal, c'est l'Art, chaleur, lumière et joie
Source : Gallica

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