Charles Rouvin, Poésie de l'art et des lettres (1892)
“ Tu souris, à l'esprit ayant prêté tes ailes, Qui font briller l'Aurore au plus sombre horizon, Et, soulevant le poids de ses chaînes mortelles, Tu l'aides à franchir les murs de sa prison ! En vain, paralysé, le corps devient difforme; La force avec la vie échappe à ses désirs : L'âme, tenant toujours aux beautés de la forme, Persiste à l'adorer dans ses derniers soupirs. L'homme est, sans l'Idéal, peu capable et peu digne D'élever sa nature au-dessus du néant ; Mais il n'est pas besoin, pour chanter, d'être un Cygne: La note est plus vibrante au luth de l'impotent. ”
