Charles Soullier

Résumé

Charles Soullier Paris-neuf ou Rêve et réalité… (1861)

Que puis-je dire ici des prisons cellulaires, Mode que l'art du mal dans toutes ses colères Naguère imagina pour dompter les mutins, Mais dont l'esprit ne tend qu'à faire des crétins ; Système absurde, affreux, dont toute la finesse Est d'extirper le vice en dégradant l'espèce?
Jadis, nos bons aïeux, plus humains dans leurs mœurs, Pour mieux les corriger, tuaient leurs malfaiteurs.
Qu'est-ce qu'une existence à la honte asservie?.
Vous, vous leur arrachez cent fois plus que la vie ; Vous les exécutez bien plus cruellement : Ils sont dans vos cachots tués moralement.
Source : Gallica

Charles Soullier Paris-neuf ou Rêve et réalité… (1861)

Sa voix étouffera les cris des inconstants, Et l'art qu'il a créé traversera les temps.
La sainte poésie est un rayon superbe De l'éternel flambeau : c'est la plus belle gerbe De la moisson du cœur où, dans son vol naissant, Le génie inspiré peut glaner en passant.
La satire y puisa sa plus vive lumière ; Elle est, comme la gloire, immortelle, et plus fière Que la Garde, héroïque au milieu des combats, Résignée à mourir, mais ne se rendant pas ; Et la force brutale, unie à l'insolence, A son austère voix n'imposent point silence.
Source : Gallica

Charles Soullier Paris-neuf ou Rêve et réalité… (1861)

Idolâtre obstiné du temps qui te défie, Toi dont la main sévère immole et sacrifie Au culte du passé le présent, l'avenir ; Dont l'œil conservateur se borne au - souvenir ; Dont l'amour pour les arts, dans les cités de France, Donne tout à la crainte et rien à l'espérance; Toi pour qui l'air, le jour, la grâce, la beauté, La jeunesse, la vie et la salubrité, Ces doux bienfaits du ciel, ne sont que lettres closes, Tranche et prononce-toi, si tu peux, si tu l'oses, Entre Paris qui vient et Paris qui s'en va !
Source : Gallica

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