Résumé

Ecole nationale des Beaux-Arts… (1885)

C'est un Rembrandt! Si ressemblant qu'il soit, un beau portrait ressemble encore plus au peintre qu'au modèle. En regardant Ovide chez les Sarmates, on n'a pas besoin de savoir ce que c'est qu'Ovide pour s'écrier : C'est un Delacroix ! Par son génie si vivant, si passionné, si emporté, si fiévreux, si irrésistible, et par la lumineuse et profonde couleur dont il rayonne, Eugène Delacroix est une des personnifications les plus sincères de ce grand dix-neuvième siècle, si orageux, si convulsif, en proie à tant d'anxiétés et, malgré tout, resplendissant de l'immense aurore de l'avenir.
Source : Gallica

Ecole nationale des Beaux-Arts… (1885)

Le coloris d'Eugène Delacroix a un autre caractère.
Par une vertu bien rare dans toutes les écoles, il garde quelque chose de subtil et d'intellectuel. Il est toujours le vêtement que réclamait la pensée. Dans sa variété infinie comme l'âme humaine, il contient du drame ou de la joie. Tantôt l'artiste souverain entrelace les notes gaies et brillantes, tantôt il entremêle les accords attristés et tragiques. Ses tableaux vous parlent de très loin : vous êtes averti ; vous savez que le peintre va vous
conter une histoire heureuse ou une sinistre aventure.
Source : Gallica

Ecole nationale des Beaux-Arts… (1885)

Delacroix n'est point un naturaliste épris du détail exact : c'est un lyrique, un emporté, quelquefois un visionnaire. Certes, lorsque, au lendemain d'une œuvre fiévreuse, il allait prendre une semaine de repos dans son jardin de Champrosay, on l'a vu se passionner pour les beautés tranquilles du paysage et dessiner curieusement les pétales d'une fleur innocente; lorsqu'il a pris la plume pour exprimer sa pensée sur l'art ou glorifier un maître illustre, il a écrit sagement, sans violence et dans un style qui resta presque toujours fidèle à l'ancienne mode
Source : Gallica

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