Résumé

George Lafenestre Revue des Deux Mondes tome 95, 1889

Jules Dupré, de tous nos paysagistes, est celui qui, par instans, fait le mieux sentir l’éternité calme, durable, mais non pas insensible, des choses. On peut pardonner à un pareil artiste, si profond et si varié, de n’avoir pas le style coulant d’un improvisateur.
Il y a moins de chaleur, d’intensité passionnée, d’interprétation personnelle chez Théodore Rousseau, mais par combien de nouveaux tôt rares mérites se trouve compensé ce manque d’imagination ! Personne, depuis Hobbema, n’avait analysé le paysage avec une acuité si obstinée et si pénétrante.
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George Lafenestre Revue des Deux Mondes tome 95, 1889

Après sa mort, presque tous les romantiques, enivrés de littérature, épris de curiosités, visant la passion, le drame, l’effet à tout prix, négligèrent tous, plus ou moins, tout le côté solide et indispensable de l’art, l’étude de la nature et l’étude du dessin, pour ne songer qu’à l’éclat des tons, à la vivacité des allures, à la bizarrerie des accessoires. La recherche attentive et scrupuleuse de la vérité dans la figure humaine et même dans les objets matériels, telle que nous la comprenons aujourd’hui, tient d’abord peu de place dans leurs préoccupations. L’étude du nu est fort négligée.
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George Lafenestre Revue des Deux Mondes tome 95, 1889

S’il est constant qu’aucune école ne peut vivre longtemps sur des formules scolaires et ne peut se développer que par un commerce régulier avec la nature, il n’est pas moins constant que l’art n’apparaît qu’au moment où l’artiste impose, volontairement ou à son insu, son interprétation personnelle à la réalité, et qu’il n’est aucune époque productive où l’on ne constate un mouvement d’imagination dans un sens déterminé, un soulèvement de l’enthousiasme artistique dû à quelque haute aspiration vers un idéal religieux, héroïque, intellectuel ou moral.
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