Jean-François Troyon

Définition et enjeux

Portrait de Jules Breton Jules Breton Revue des Deux Mondes

Bien différent de Fromentin, Troyon, dont je voudrais donner ici un rapide portrait, était un artiste d’une nature inculte et tout instinctive. Grand de taille, large d’épaules, légèrement obèse, le cou fort, le front se creusant un peu vers le milieu, sur des arcades sourcilières proéminentes, le nez gros et long donnant à son profil une sorte de courbe qui le faisait un peu ressembler à ses béliers, l’expression ouverte et presque rude, l’accent faubourien et, par-dessus tout, un aspect bon et sympathique qui tempérait ce que son air eût pu avoir de commun ; tel je me rappelle Troyon.
Source : Wikisource

Charles Clément Artistes anciens et modernes, par Charles Clément (1876)

Que l'on garde comme de précieuses reliques les moindres croquis d'un Raphaël ou d'un Michel-Ange, rien de mieux; mais Troyon n'était pas un génie de premier ordre, comme quelques-uns de ses amis voudraient nous le faire entendre. C'était un artiste laborieux, d'un talent réel et très-sympathique, et, sans sortir des limites de la vérité, on peut dire assez de bien de lui pour que les exagérations que nous voyons se produire nous paraissent sans sel et sans utilité.
Source : Gallica

Portrait de Charles Blanc Charles Blanc Les artistes de mon temps (1876)

A l'inverse de Decamps, qui peint toujours les animaux et les hommes, vus de dos, pour les mieux enfoncer dans la toile, Troyon préfère les peindre de face, pour les en mieux faire sortir. Son talent incomparable consiste à exprimer la présence de l'air, à plonger ses figures dans un bain de lumière. Sa touche pâteuse, habilement indécise, dévore les contours et les habille d'atmosphère, de façon que chez lui on voit toujours le tableau, jamais le morceau. C'est le triomphe de Troyon. Tout ce qu'il représente participe de la vie universelle et de l'universelle nature.
Source : Gallica

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