Ernest Cartier

Résumé

Ernest Cartier Revue des Deux Mondes

La révolution de Février, véritable coup de foudre dans un ciel serein, interrompit brusquement la carrière politique de Lavergne. Il s’en affligea moins pour lui que pour le pays, rejeté ainsi dans des aventures qui devaient lui coûter si cher. Quant à lui, il reprit sa plume.
Les lettres, a-t-on dit justement, sont les sublimes consolatrices de l’adversité. L’écrivain tombé du pouvoir ressent moins amèrement sa chute ; il a dans l’étude un intérêt de tous les instans et, dans les succès littéraires, un baume souverain, capable de guérir les blessures de l’amour-propre.
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Ernest Cartier Revue des Deux Mondes

Député à l’Assemblée nationale, sénateur inamovible, il touchait au pouvoir lorsque la maladie l’a terrassé, enchaînant à jamais son activité et jetant sur les dernières années de sa vie un voile de tristesse.
Intelligence de premier ordre, esprit juste et fin à la fois, âme élevée, caractère indépendant, il avait toutes les qualités de l’homme d’État ; il n’a pu se révéler sous cet aspect ; il demeure, aux yeux du monde intellectuel, l’économiste, le savant, le brillant théoricien de l’Agriculture. Ce n’est pas tout Lavergne, mais c’en est assez pour son renom et l’éclat de sa mémoire.
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Ernest Cartier Revue des Deux Mondes

Mais, tout en vivant surtout dans le passé, il ne se désintéresse pas du présent. Jusqu’à la fin, la passion politique, qui fait le fond de sa nature, l’anime et donne à ses lettres un mouvement et un air de vie singuliers.
Cette correspondance, il ne s’en cache pas, est pour Guizot la plus agréable des distractions. « La causerie, dit-il, est notre seul plaisir après les plaisirs de la vie de campagne et de famille dont je jouis beaucoup. » Et faisant un retour mélancolique sur lui-même, il ajoute : « Je m’étonne toujours qu’on puisse tant conserver après avoir tant perdu. »
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