Résumé

Gaston Delayen La mésaventure de Martin s'en va-t'en guerre… (1927)

Poussé d'un désir égal d'être préféré et se croyant très fermement seul digne d'être aimé, un chacun assurait Bertrande qu'il l'aimait plus que tous les hommes du monde et osait l'importuner de ce qu'il désirait surtout le plus, car pour beaucoup de raisons les veuves sont friolantes : les filles sont prises le plus souvent par le commandement des père et mère, parents, tuteur, et non par leur volonté pure, au lieu que celles qui sont en viduité, comme très bien émancipées, font l'élection qui leur plaît et prennent lors mari pour beau et bon plaisir, amourette et gentil contentement.
Source : Gallica

Gaston Delayen La mésaventure de Martin s'en va-t'en guerre… (1927)

Il se mit encore à genou : « Sire, Sire, je vous en prie, veuillez que je vous le donne, puisqu'il fut votre nourriture... Estimez-moi homme de bien !... Si vous avez bataille, vous n'avez gentilhomme qui vous servira de meilleur cœur. Je vous prouverai que je vous aime et que j'ai profité à manger de votre pain. »
Le roi demeura obstinément silencieux et impénétrable.
Le blessé gisait sans secours, couché dans
son sang. Jarnac, pris de pitié, revint encore une fois vers lui pour lui dire avec émotion : «Châteigneraye, mon ancien compagnon, reconnais ton Créateur, et que nous soyons amis. »
Source : Gallica

Gaston Delayen La mésaventure de Martin s'en va-t'en guerre… (1927)

« Lève-toi, Ber-trande, lève-toi, car encore semble-t-il que. voilà un « nouveau Martin Guerre » !
Bertrande, transie de frayeur et bien qu'elle fût encore valétudinaire, s'approcha de la fenêtre pour l'apercevoir dans la basse-cour, où il attendait. Lors, elle se refusa de le recevoir et de recommencer avec lui l'entretien particulier qu'elle avait eu avec le premier. Quelle conviction, en effet, pourrait lui donner un homme aussi peu friand, d'apparence
aussi misérable, aussi hirsute, et, qui plus est, avec une jambe de bois !
Source : Gallica

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