Gaston Lavalley

Résumé

Gaston Lavalley Légendes normandes

S'il y a une couronne sur le front des poëtes, il y a une auréole sur celui des hommes simples, dont le sacrifice est sans éclat et la mort sans gloire.
— Monsieur le marquis ?... dit timidement le vieux domestique.
— Que me veux-tu, mon bon Dominique ?
— Monsieur le marquis me permettra-t-il de le sauver ?
— Toi ?... Nous sauver ?... Et comment ? s'écria M. de Louvigny, qui pensa un instant que son domestique n'avait plus sa raison.
— Ne m'interrogez pas, monsieur le marquis ! répondit Dominique. Donnez-moi liberté pleine et entière, et je vous sauverai peut-être !
Source : Gutenberg

Gaston Lavalley Légendes normandes

Ah ! vous êtes cruel, mon père.
— Quoi ! tu pensais encore à l’autre ?
— Il a ma parole, répondit simplement Marie.
— Il n’y tient guère, crois-moi. S’il t’aimait sincèrement, est-ce qu’il aurait mis huit ans, et plus, à construire l’église de Norrey ?
— Il n’a fait que son devoir.
— Oui ; mais il est plus épris de son œuvre que de toi, ma pauvre enfant. On le salue du nom de maître illustre ; tout Bretteville va admirer son travail... On me délaisse moi ! pour ce misérable apprenti, qui sait à peine bégayer son art... La fumée de l’orgueil lui dérobe le souvenir de ce qu’il nous doit.
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Gaston Lavalley Légendes normandes

Mais, au nom du ciel, sauvez les personnes qui habitent cette maison ! Elles me sont chères, et c'est une prière que je vous fais du fond du coeur ! Vous parliez de ma jeunesse ? Eh bien ! vous êtes aussi à cet âge généreux où le pardon est doux et le dévouement facile. Épargnez mes amis. Sauvez-les, et, s'il vous faut du sang enfin, prenez ma vie ! Je me livre à vous !
Barbare devint horriblement pâle.
La jalousie s'empara de tout son être, et un frisson lui glaça le coeur.
— Vous aimez donc bien ce vieillard et cette jeune fille ? dit-il d'une voix étranglée.
Source : Gutenberg

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