Résumé

Portrait de George Sand George Sand,  Laura - Voyages et impressions (1865)

“ Il ne m’arrivera jamais de dire comme Walter que la forme et la couleur ne signifient rien, et que le beau est un vain mot ; mais j’ai été élevé aux champs, Laura : je sens que l’air et le soleil sont les délices de la vie, et que l’on s’atrophie le cerveau dans un écrin, si magnifique et colossal qu’il soit. Je donnerais donc toutes les merveilles que voici autour de nous pour un rayon du matin et le chant d’une fauvette, ou seulement d’une sauterelle, dans notre jardin de Fischhausen. ”
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Portrait de George Sand George Sand,  Laura - Voyages et impressions (1865)

“ Moi, je veux bien te dire la mienne sur l’étrange phénomène qui nous place ici vis-à-vis l’un de l’autre en pleine lumière, tandis que, dans le monde appelé le monde des faits, nous ne nous voyons plus qu’à travers les ombres de la vie relative ; mais mon opinion ne sera rien autre chose que mon opinion, et, si je te la disais ailleurs qu’ici, tu me regarderais comme une insensée.
― Dis-la-moi, Laura ; il me semble qu’ici nous sommes dans le monde du vrai, et qu’ailleurs tout est illusion et mensonge.
”
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Portrait de George Sand George Sand,  Laura - Voyages et impressions (1865)

“ Voyons, mon oncle, où les avez-vous envoyés ? Cette terre est sans doute un éden où ils peuvent errer sans rien craindre.
― Cette terre, répondit Nasias, est un éden que je ne compte nullement partager avec des êtres indignes de le posséder. Ces brutes n’eussent pas vécu ici trois jours sans nous mettre en lutte contre toutes les forces animales de la nature. Je les ai congédiées ; prends-en ton parti, tu ne les reverras jamais, non plus que leurs pirogues, leurs compagnons, leurs traîneaux et leurs chiens. Nous sommes ici et sur toute la mer qui nous enferme les monarques absolus.
”
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