Georges Courteline

Georges Courteline

Résumé

Portrait de Georges Courteline Georges Courteline Le Train de 8 h 47

À Lérouville, comme l’employé criait une phrase au dehors, Croquebol lui couvrit la voix :
— Tais donc ta gueule, toi, feignant !
La Guillaumette ayant constaté que l’horloge marquait exactement neuf heures, fit la blague de rendre l’appel, le litre tenu au bout du bras, à la façon d’une chandelle :
— Silence à l’appel ! Manque personne, mon lieutenant !
On repartit.
De chaque côté du wagon la campagne déserte filait. La nuit se fondait dans l’orage, tombait d’un ciel couleur de fer où s’entre-dévoraient des nuages boursouflés, pareils à des chaos de montagnes.
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Portrait de Georges Courteline Georges Courteline Le Train de 8 h 47

Croquebol secoua la tête :
— J’connais pas Fatalot !
Et en chœur :
— Connaissons pas Fatalot, nous !
— Mais si ! dit Bout sans s’émouvoir.
Il croyait à une équivoque, tant l’idée qu’ils pussent ne point connaître Fatalot dépassait sa compréhension. Il mit l’arme sur l’épaule droite et s’expliqua :
— Fatalot, voyons !... Fatalot !... c’t’y là qui tient auberge dans la rue de la Rochelle !
— Je connais pas la rue de la Rochelle, dit le brigadier.
C’en était trop : Bout s’assombrit, n’aimant pas bien qu’on le mystifiât et qu’on le fit monter à l’échelle.
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Portrait de Georges Courteline Georges Courteline Le Train de 8 h 47

Faites ! dit La Guillaumette.
Il les laissa, et tandis que le carillon d’une sonnerie électrique secouait la maison du grenier à la ‌
« Mesdames, au salon. » ‌
cave, on l’entendit, emplissant de son organe puissant les échos d’une cage d’escalier : — Mesdames, au salon ! Pressons-nous ! Il y a des personnes qui attendent !
Sur la molesquine d’une banquette, La Guillaumette et Croquebol s’étaient affalés côte à côte avec un « ouf ! » parti à la fois de leurs deux bouches et où tenait l’immensité d’une lassitude qu’ils n’eussent jamais supposée telle.
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