Résumé

Portrait de Gustave Planche Gustave Planche Un Peintre espagnol et la Critique

Des affirmations si téméraires, si étourdies, ne sont permises qu’à ceux qui n’ont pas lu la biographie de don Federico par M. Ochoa, son beau-frère. Non, la peinture n’est pas condamnée à ne choisir qu’un seul moment dans une action donnée : elle marche de pair avec la parole et peut tout aborder. Toutes les écoles s’évanouissent devant le prodige qui nous est signalé par le biographe de don Federico. Je comprends maintenant, hélas! je comprends trop tard pourquoi don Federico a dédaigné d’imiter Murillo et Velasquez. Beaux modèles vraiment pour un peintre prédestiné!
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Si personne aujourd’hui ne possède l’autorité de Boileau, quelques esprits du moins, fortifiés par l’étude, essaient de diriger le goût public. Leur tâche est difficile, laborieuse; ils ne peuvent l’accomplir sans une liberté entière. Qu’on ne se méprenne pas sur le sens de mes paroles : quand je demande pour la critique une liberté entière, je réserve la question de personne. L’œuvre du poète, du peintre, du sculpteur, appartient à la discussion; sa personne n’appartient qu’à lui-même.
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Vouloir prohiber le libre examen des œuvres de l’esprit serait vouloir prohiber la vie même de l’intelligence. Une telle intention n’est écrite dans aucune page de notre législation. L’homme juge, approuve ou désapprouve l’œuvre du poète, du peintre, du sculpteur, de l’architecte ou du musicien, comme les arbres croissent, comme les fleuves marchent vers la mer, comme la lumière nous vient du soleil. La législation d’un peuple civilisé ne peut pas méconnaître la nature de l’homme, et la France compte depuis longtemps parmi les peuples civilisés.
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